Après une semaine mouvementée pour Guy Nantel, on pouvait enfin entendre, lors de sa première montréalaise, le fameux passage où il parle, sans la nommer, d’Alice Paquet.

À regarder dans la salle, le public avait hâte d’entendre le gag si controversé ! Probablement pour se donner une idée ou valider si la polémique était justifiée. Toutefois, les spectateurs ont dû patienter un peu, car dès les premières secondes l’humoriste a assis son personnage de gourou !

Et le voilà, il a commencé à déballer son sac où il a abordé la liberté de culte, le consentement sexuel, la liberté d’expression des humoristes, le peuple québécois et bien d’autres sujets explosifs. Évidemment, personne n’était surpris de le voir s’exécuter sur des thèmes aussi tabous.

Après 15 minutes sur les religions, on a entendu la blague salace qu’il avait lancée lors de sa première médiatique dans la Vieille Capitale et qui a viré le Québec complètement à l’envers. Et pense-t-il vraiment ce qu’il dit ? Non ! En fermant nos yeux et en écoutant seulement sa voix, on a compris facilement qu’il est dans son personnage et que nous devons prendre ces propos au 2e degré. « Pour voir mon spectacle, ça prend un minimum d’intelligence. Sinon, aller voir le spectacle de Guillaume Wagner », pour reprendre une phrase en début de spectacle.

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COURTOISIE / CRÉDIT : ÉRIC MYRE

Opinions ambiguës

Toutefois, lorsqu’il a commencé à parler du peuple québécois et à dire certains trucs qu’il a faits, on se questionne à savoir si les opinions émises sont les siennes ou si on est encore coincé au second niveau. Comme on dit, on va lui donner le bénéfice du doute et croire que c’était les dires de son personnage ! Ces ambiguïtés, parfois difficiles à cerner, vont demeurer pour le reste du spectacle. À la fin, le public n’est pas capable de départager certains points de vue et c’est peut-être voulu ainsi.

Fidèle à son image, Guy Nantel veut choquer et provoquer avec Nos droits et libertés, mais surtout, et c’est le plus important à mes yeux, il veut ouvrir le débat d’une certaine manière. Bien qu’il affirme se réfugier derrière la notion de 2e degré, les observations qu’il apporte durant son spectacle méritent une réflexion, sans pourtant dire qu’on y adhère sur-le-champ.

Et sur ce point, je lui lève mon chapeau. Ces propos n’étaient pas toujours élégants, mais ils avaient le mérite d’entamer la discussion. Du moins, c’est ce que j’espère qu’il s’est passé après le spectacle.

S’inspirer de l’actualité

En même temps, Nos droits et libertés est aussi un reflet de notre société, de nos agissements et de ce qui nous entoure. Et sur ce plan, les actualités lui ont fourni beaucoup de matériel en commençant par les Éric Salvail et compagnie. D’ailleurs, il dira à la foule avec ironie : « Quel gars ici n’a jamais déposé son pénis sur le bureau d’un collègue pour faire avancer un dossier ? »

Évidemment, les politiciens ont passé dans le tordeur ainsi que le gentil humoriste Louis-José Houde, comparé à des croustilles ordinaires.

Avec Nos droits et libertés, Guy Nantel s’en sort bien et réussit à proposer quelque chose d’assez solide.

PHOTO PRINCIPALE : ÉRIC MYRE