C’est mercredi soir à l’Olympia de Montréal que l’humoriste de 44 ans, Rachid Badouri, est venu nous offrir son tout nouveau one man show intitulé Les fleurs du tapis. Son deuxième spectacle en carrière, Badouri rechargé, avait été présenté ici même à l’Olympia, sept ans plus tôt. Un homme nouveau, voilà le titre qu’aurait pu avoir sa dernière création.

Certaines personnes du milieu étaient au fait que Badouri n’était pas un enfant de cœur lors de ses dernières tournées, disons que la tête lui avait bien enflée… C’est d’ailleurs ce qui a poussé l’humoriste à la dépression : rejet après rejet, plus personne ne voulait travailler avec lui. C’est lors d’une prise de conscience, il y a maintenant dix ans, que l’humoriste a fait de grands changements. Il s’est mis à consulter un psychologue et sa femme et ses proches l’ont soutenu à travers tout ce cheminement, qui disons-le, était souhaité par tous.

Première partie efficace assurée par Mike Beaudoin

Afin de nous réchauffer un peu, le jeune humoriste Mike Beaudoin est venu nous offrir une première partie efficace, drôle et bien appréciée de tous. Saluons son long monologue dédié aux enseignants, profession souvent peu reconnue, mais si importante ! Cet humoriste doit absolument s’inscrire dans votre liste de nouvelles recrues dans le milieu de l’humour, à voir absolument !

Mal aux joues !

C’est sur l’air de Yet Here We Are composé par le chanteur Loud spécialement pour le spectacle que Rachid Badouri est entré sur scène, tel un gangster sorti du nord de Montréal, capuchon sur la tête, branché sur le 220 ! C’est un Rachid survolté, expressif, vif, heureux et reconnaissant qui est entré sur la scène de l’Olympia. S’enchaîne alors une heure et demie de mal de joue pour tous les spectateurs. En effet, Badouri sait utiliser son faciès à bon escient ! Il nous plonge dans ses imitations de personnages qu’il connaît, de gens qu’il raconte, avec une aisance et une énergie hors du commun ! Il est, sans contredit, maître dans l’art des accents ! Il imite à la perfection sa maman marocaine, les Français de Paris, les Haïtiens, et j’en passe ! Son appropriation des langues et des sonorités qui les distinguent est très impressionnante… Et très drôle !

Redorer l’image des Arabes

Il le dit lui-même : il souhaiterait redonner une image positive aux Arabes, qui ont été très jugés à la suite des événements du 11 septembre 2001. Avouons-le, quand on parle de terrorisme, l’image d’un Arabe ressort souvent en premier. C’est donc avec cette mission dans les poches que Rachid aborde le sujet du racisme avec beaucoup d’humour et avec une grande efficacité ! Il y a aussi toute l’intelligence de Laurent Paquin qui s’inscrit dans ce spectacle puisqu’il se retrouve au script-édition. Rachid Badouri abordera un peu plus tard dans le spectacle des thèmes liés, telle l’intolérance, l’homophobie, la haine et plus encore. Il termine presque le spectacle avec un hommage à la femme, qui l’a « enduré » pendant des années, mais qui a su demeurer fidèle et aimante. Son numéro sur son accouchement est désopilant !

Il abordera également la maladie, nous racontant son épisode sombre où il a appris avoir des cellulites qui l’ont mené à des traitements intraveineux. Cet épisode de sa vie l’a aidé à se connecter à la réalité, à l’amour, à l’empathie et à la reconnaissance.

Finalement, le public a adoré la soirée ! Les fleurs du tapis est un spectacle pratiquement réussi sur toute la ligne — malgré les quelques longueurs — et saura faire rire le plus stoïque des spectateurs ! Un humour brillant, sincère et nécessaire ! Il sera en supplémentaire à l’Olympia de Montréal le 23 mai et du 26 au 30 décembre 2020. Pour plus d’informations, rendez-vous au www.rachidbadouri.com