C’est hier soir, au Théâtre Outremont, que la jeune humoriste — et comédienne — Virginie Fortin a présenté sa rentrée montréalaise.

Avec son spectacle Du bruit dans le cosmos, l’humoriste vient nous partager avec contrôle son angoisse d’être vivante dans une si petite partie de l’univers et donc dans cet immense cosmos ! Non seulement elle nous livre un discours intelligent sur la place que nous occupons dans cet espace infini, mais elle nous provoque avec ses idées féministes et engagées.

L’intelligence dans le discours

Ce qui plait le plus avec ce nouveau spectacle est sans contredit sa qualité intellectuelle et son contenu brillant ! Virginie Fortin était à l’origine une humoriste de la relève parmi tant d’autres qui présentait des numéros intéressants, mais sans trop se démarquer. Or, elle a su se tailler une place dans l’univers de l’humour québécois et depuis six ans son discours a bien évolué !

C’est une femme assumée et intègre qui se présente maintenant à nous, avec des idées brillantes et provocantes. Que peut-on vouloir de plus ? C’est une soirée rassasiante — intellectuellement parlant — qu’elle nous sert sur un plateau d’étoiles ! En effet, son décor est d’une simplicité désarmante, tout comme sa mise en scène, ce qui permet de bien porter notre attention sur le texte qu’elle nous livre avec aplomb.

Sa manière de s’exprimer est unique et elle trouve son genre et son ton qui lui est propre, malgré des sujets plus populaires qui ne réinventent pas la roue… Elle y aborde l’estime de soi, l’argent, la mort, les différences hommes-femmes, le féminisme (voir féminazisme, plus bas !) et la surconsommation. Elle nous offre néanmoins un texte original coécrit avec son amoureux Philippe Cigna, du duo Sèxe Illégal. Le fil conducteur du spectacle, l’espace, permet à la jeune humoriste de voltiger à travers différents sujets parfois très sérieux et tantôt très légers.

On ne ressort pas de ce spectacle avec des maux aux joues pour avoir trop éclaté de rire ; on nous sert plutôt de beaux moments de rires, mais aussi de réflexions et parfois même des pauses qui permettent de réfléchir, et tout cela de manière bien assumée !

CRÉDIT PHOTO : MARC LOISELLE

Le numéro gagnant de la soirée : le féminazisme !

Le contenu du spectacle plait certes à tous, mais le numéro gagnant de la soirée est décerné au « féminazie » ! Ce numéro était d’ailleurs en nomination lors du dernier gala les Olivier. Ce numéro est à la fois sérieux et ridicule, ce qui rend le tout très drôle et efficace !

Elle exagère vivement le concept « du féminisme » et se compare à Adolf Hitler. Elle raconte : « pour attirer les hommes au camp de concentration, j’utiliserais la manipulation et je leur proposerais d’embarquer dans un gros camion Budweiser qui dirait : “Viens, toi pis neuf de tes chums dans un manoir !” Je pense que ça fonctionnerait. »

Elle propose ensuite l’idée de tous leur « couper la queue », mais de garder les plus belles à des fins de reproduction uniquement. Ce numéro edgy est sans contredit celui qui a fait le plus rire les femmes — et certains hommes — présentes hier soir au Théâtre Outremont.