La divine illusion est présentement à l’affiche au Théâtre du Nouveau Monde dans une mise en scène de Serge Denoncourt. À l’aide d’une solide distribution et d’un texte brillant de Michel Marc Bouchard, la pièce saura venir vous chercher rire et tristesse.
La divine illusion relate l’histoire de Michaud le séminariste, dans un Québec d’autrefois, qui idolâtre l’actrice la plus connue de l’époque : Sarah Bernhardt. Pour ceux qui ne la connaissent pas, elle fut l’actrice de théâtre la plus connue mondialement et elle faisait des tournées partout dans le monde avec ses pièces.

C’est donc lors de son passage à Québec que Michaud se fait mandater par l’évêque d’aller voir en personne la divine, comme il aime l’appeler, pour l’empêcher de performer. Le jeune homme en profite alors pour présenter ses écrits relatant la vie de misère de son camarade, Talbot, en espérant que Madame Bernhardt l’interprète une fois fini d’écrire.
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Pièce de société, il est difficile de s’imaginer la dure réalité de la misère d’antan et de la présence prononcée de l’Église à cette époque pas si lointaine. De l’exploitation en usine d’enfants pour faire survivre une famille au pouvoir des curés sur des jeunes innocents, on réalise l’injustice des classes sociales. Pourtant le rire est à l’honneur dans la pièce parsemée de répliques délicieuses et de citations pour les passionner de théâtre.

Anne-Marie Cadieux est radieuse dans le rôle de Sarah Bernhardt, Simon Beaulé-Bulman est attachant comme tout dans son rôle de Michaud et Mikhaïl Ahooja est poignant dans son rôle de Talbot. La scénographie est efficace et facilement adaptable pour chaque scène autant les fois où on se retrouve au dortoir que celles où on est à l’usine ou encore en coulisses du spectacle. Tout est pensé jusqu’à la froideur bleutée de l’hiver dans une fenêtre givrée.

À voir ou revoir, oui, j’ai aimé ça à ce point-là, La divine illusion est présentée au TNM en supplémentaire jusqu’au 10 décembre.
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