Le Théâtre du Rideau Vert clôt sa saison 2014-2015 en présentant « Le repas des fauves ». La directrice artistique et metteure en scène Denise Filiatrault nous propose jusqu’au 6 juin une œuvre écrite par Vahé Katcha, un Français d’origine arménienne, où l’amitié est mise à rude épreuve, où le vernis tombe pour faire place à l’irrationnelle de la peur de la mort. Que feriez-vous pour vos amis? Qu’attendez-vous de vos amis?

L’intrigue se passe sous l’Occupation en France en 1942, durant un fastueux party d’anniversaire entre amis, malgré le rationnement et les horreurs de la guerre. Cette fête tourne au cauchemar lorsque deux soldats allemands sont abattus au pied de l’immeuble. La Gestapo interrompt alors brusquement les festivités pour exiger deux otages en remplacement du meurtrier absent.  Les sept convives se voient alors contraints de choisir entre eux.

Le repas des fauves - B

Qui choisir? Les amis sortent alors leurs griffes et montrent leurs crocs.  Les masques tombent. Les squelettes sortent du placard.  Leurs propos et leurs attitudes révèlent la vraie nature de chacun.

Cette galerie de personnages est campée par sept comédiens dont la bonne performance, notamment celle de Benoît McGinnis qui joue le rôle d’un ami devenu aveugle au combat, nous fait vivre 90 minutes de suspens puisque le dénouement ne sera révélé qu’à la fin.  Ils expriment avec justesse le comportement de l’être humain confronté à la question de vie ou de mort où entrent en jeu le courage, la lâcheté, la trahison, l’égoïsme… En somme, ils ne cherchent qu’à survivre.

Le repas des fauves - A

Quoique traditionnelle, la mise en scène de Mme Filiatrault nous plonge dans l’état d’esprit qui règne à cette période. En appui, elle nous sort du huis clos de l’appartement en question par une projection de films d’archives de la Seconde Guerre Mondiale. Le décor et les costumes sont réalistes et rendent bien l’atmosphère des années 40.

Tout compte fait, c’est une histoire qui fait réfléchir et qui nous habite plus longtemps que ne dure la pièce.  C’est une situation qui pourrait fort bien se transposer en 2015.  Si tel était le cas, comment agirions-nous?