La salle était bondée de monde lors du passage de la tournée Know-it-all de la chanteuse Alessia Cara le 1er novembre dernier! Le Métropolis a même libéré 15 billets à la dernière minute pour quelques chanceux, le spectacle s’étant vendu à guichet fermé.

C’est un public fébrile et relativement très jeune qui s’est déplacé au Métropolis. Tellement, que les barmans ont dû s’affairer à carter la plupart des personnes se présentant à leur bar, rendant le processus d’acheter une bière peu agréable pour les vieux de la vieille comme moi.

Les spectateurs étaient majoritairement des jeunes filles. J’avais l’impression que les personnes présentes n’avaient pas l’habitude de sortir souvent au Métropolis. Le monde se marchait sur les pieds et se renversait leur bière… ou plutôt leur pepsi dessus. Les employés de la salle ont dû redoubler de vigilance et lancer avertissements par-dessus avertissements  « Libérez les marches, libérez les marches! » afin que les gens cessent d’obstruer les escaliers.

Sans parler des parents sur place, dont une mère en particulier, qui n’a pas cessé de crier : « Ah non! Ils ne vont pas rester devant nous eux autres! Ça ne se passera pas de même ! » Madame, peut-être auriez-vous dû attendre qu’Alessia se déplace à la Salle André-Mathieu, plus adaptée à vos besoins d’espace?  Puisqu’au Métropolis, les gens sont libres de faire ou de se déplacer comme ils le veulent, et c’est très bien comme ça!

Avec tout ce brouhaha, après les deux premières parties, je me suis éloigné de la scène et des deux bars du parterre puisque ça devenait trop dérangeant.

Et puis vint Alessia Cara sur scène…

C’est à ce moment que j’ai oublié le monde autour de moi : Alessia Cara est épatante! Vêtue simplement de noir et d’un manteau de jean rose, accompagnée par trois musiciens, cette Torontoise impressionne dès ses premiers pas sur scène. Son aisance, sa fougue font en sorte qu’on se met à croire à la réincarnation, aux deuxièmes vies et aux vieilles âmes.

C’est vrai, comment une fille âgée d’à peine 20 ans réussit à soulever une foule de façon si naturelle? Il faut la voir… De plus, ce qui est rafraîchissant avec la Canadienne, c’est qu’elle ne joue pas la carte de la séduction pour le faire. Sa façon terre à terre d’approcher son public et son aplomb inspirent un non-conformisme cool, un respect de soi omniprésent. Le fait que le public la suive là-dedans et dans ses valeurs donne de l’espoir pour la prochaine génération de jeunes filles qui prennent leur place et se respectent. C’est beau à voir.

Un spectacle varié, bien dosé et surtout le fun!

Alessia Cara a donné un spectacle haut en couleur. Aucune longueur. On ressent le désir de l’artiste de se surpasser à chaque concert. I’m yours, Four pink walls, Wild things, River of Tears et plusieurs autres extraits de son seul album en carrière (Know-It-All) ont défilé sous nos yeux qui en redemandaient!

Et puis, alors qu’on pense que ça ne peut pas être meilleur, Alessia Cara sort sa guitare pour s’accompagner sur Overdose. Le public s’est alors mis à chanter à cœur joie. Plus tard, l’artiste a ramené, chacun à leur tour, Ruth B (Stars) ainsi que Craig Stickland (Stone) qui ont fait ses premières parties à faire un duo sur scène. J’adore quand les artistes font cela. On a l’impression que ça fait un spectacle plus complet; un meilleur esprit d’équipe entre les artistes.

Alessia a d’ailleurs dédié son duo Stone à  « la personne dans ta vie qui te ramène toujours les deux pieds sur terre. C’est important dans un monde aussi superficiel. » Un hommage à la défunte Amy Winehouse, décrite comme étant son artiste préférée de tous les temps, a été fait en chanson avec une reprise de You know I’m No Good pour mon plus grand plaisir.

Wild de Troye Sivan dans le rétroviseur

Je pensais avoir tout vu, tout entendu, mais non! Wild de Troye Sivan m’attendait dans le détour. Tiré de son duo enregistré avec Troye, Alessia Cara l’a reprise cette fois-ci seule. Du bonbon pour les oreilles. La caméra s’est mise à filmer le public présent, projetant l’image sur les grands écrans pendant Scars To Your Beautiful : beau moment de complicité de l’artiste avec son public. Seventeen s’est terminée en party mix et Here, la première chanson qu’elle aura écrite, ont toutes les deux reçu une ovation du public.

La scène sur deux paliers permettait aux musiciens d’être surélevés, les rendant plus visibles. Des écrans géants avec des effets permettaient de voir Alessia Cara chanter sur scène en même temps que des vidéos préenregistrées.

Pendant les pauses entre les chansons, la chanteuse n’hésite pas à s’adresser à son public et à ses collègues. Allant même jusqu’à souligner l’anniversaire de l’un de ces derniers en apportant sur scène un gâteau allumé qui aura terminé sa course dans le visage du fêté. Des rires et beaucoup de complicité sur scène ont suivi.

Bref, Alessia Cara est solide sur scène. Du plaisir du début jusqu’à la fin du spectacle. Une artiste qu’il faut garder dans sa playlist!

Deux premières parties complémentaires

Deux bons choix d’artistes complémentaires ont été faits pour assurer les premières parties du spectacle d’Alessia Cara : Craig Stickland ainsi que Ruth B.

Craig Stickland avait été guitariste pour la tournée Know-It-All pendant la première phase. Le 1er novembre, il était de retour sur la tournée en tant que première partie cette fois-ci. C’était son premier soir en tant qu’artiste accompli, à la suite de la parution de son premier EP Leave Me To The Wild. Il a livré une performance qui dénote déjà une bonne expérience du métier et s’est attardé à la table de marchandises promotionnelles afin d’y rencontrer le public à la fin du concert.

Ruth B, accompagnée de ses trois musiciens, a donné une performance touchante avec l’interprétation de quelques chansons tirées de son EP The Intro, dont les pièces Golden et Lost Boy. Ces dernières ayant connu un certain succès ont été très bien reçues par la foule qui s’est mise à chanter les paroles.