C’est avec enthousiasme que le public fébrile attend Carlos Santana au Centre Vidéotron le 22 mars.

Selon l’auteur André Maurois, le retard est la politesse des artistes, ce que contredit Santana en arrivant à 20 h pile sur la scène. On aurait plutôt tendance à dire que la ponctualité est la politesse des rois.

Celui-ci d’ailleurs n’est-il pas un des quinze meilleurs guitaristes au monde ? Dès les premières notes, on reconnaît son jeu de guitare mondialement réputé. Il a su faire évoluer sa musique en fonction de son expérience de vie et des différents styles de musique (blues, salsa, reggae et autres) mélangeant le tout en un amalgame qui perdure dans le temps.

Un écran en fond de scène nous fait voir plusieurs images de Woodstock, de « peace and love » ainsi que ses performances de guitare et celles de tous les musiciens et chanteurs. Santana ne chante presque pas durant le spectacle, il laisse ses deux chanteurs le faire avec brio tout au long de la représentation.

On sent une belle symbiose dans le groupe. Il entame la prestation par Soul Sacrifice. Les morceaux s’enchaînent les uns après les autres en passant par I Love Supreme (John Coltrane), Black Magic Woman, Oye Como Va et plus.

Le public est debout, frappe des mains et se trémousse avec entrain. Lors de la pièce Mona Lisa, l’écran nous présente le visage de la célèbre peinture qui, au fil de la musique, se transforme en plusieurs autres.

Il demande aussi à la foule de scander les mots « Mona Lisa » dans les refrains. Le public est en feu. Lors de la présentation de Maria, Maria, l’écran nous le présente avec deux guitares dans le cou. Eh non ! Il ne les utilise pas en même temps, mais une après l’autre durant la chanson.

Les fans sont comblés par le fait qu’il présente ses plus grands succès Smooth, Corazon Espinado, Foo Foo, entre autres. Même qu’il se permet d’intégrer dans son tour de chant quelques extraits de musique tels La cucaracha, Tequila et quelques autres.

Il sait mettre en valeur ses musiciens (percussions, clavier et batterie), laissant à chacun une période solo, surtout à la batterie ; sa conjointe, Cindy Blackman qui nous sert une performance mémorable.

Ce jeune homme de 70 ans se permet d’être sur scène pendant un peu plus de deux heures trente sans entracte et avec la même énergie tout au long du spectacle. Chapeau M. Santana ! Chapeau qu’il porte d’ailleurs très bien.