On l’attendait avec frénésie cette jeune Française surdouée et les murs de la Place Bell ont tremblé hier soir. Nous sommes tous sortis pleins de cette énergie contagieuse et de cette liberté qu’elle s’offre et qu’elle nous offre jusqu’à la toute dernière seconde.

Tout d’abord, c’est Dounia qui est venue chanter quelques-unes de ses chansons en anglais, puisque cette Marocaine d’origine ne parle pas français. Elle aurait été finaliste de la première saison de Arab Idol. Elle a enregistré un album en 2014 dont elle a interprété quelques titres dont Casablanca.

Chris s’est pointée à 21 heures, mais je vous assure que ça valait le coup d’attendre. Elle a lancé le spectacle avec Comme si, dans une chorégraphie rodée au quart de tour. Entourée de quatre musiciens/techniciens et six danseurs, ils forment une brigade solide qui danse, mime, roule, tel Michael Jackson dans Thriller, mais savamment déstructuré.

Tantôt tendres tantôt fous, toujours là où on ne les attend pas, c’était magique et la salle était conquise. Chris s’est même permis d’y intégrer quelques strophes de Pour que tu m’aimes encore popularisée par Céline Dion, juste assez longtemps pour nous permettre de faire un rapprochement entre leurs voix.

Elle a interprété ses succès en français : Science-Fiction, Chaleur humaine, Le G, Christine, Les yeux mouillés, Nuit 17 à 52 et Paradis perdus là où les danseurs et musiciens se sont éloignés pour la laisser seule sur scène. Habillée de noir avec un chemisier rouge, long et souple, elle en joue pour appuyer son propos. Elle va le détacher pour plus tard l’enlever complètement.

Artiste dans tous les sens du terme, elle a une vision de son évolution et nous entraîne dans son sillon. De plus, elle fait la part belle à ses danseurs, s’isolant parfois pour les regarder performer.

Elle a aussi présenté quelques-uns de ses hits en anglais : It, Girlfriend Feel So Good, Tilted, Five Dollars, What’s Her Face et Here, puis le changement de décor pour Goya ! Soda ! bilingue, avec de la neige et de la brume, plus des danseurs en feu. Elle avoue candidement être à l’aise en Amérique où elle termine ce soir cette partie de sa tournée avant de retourner en Europe.

Elle a terminé avec La marcheuse, a quitté la scène, mais est réapparue au milieu de la salle sur un promontoire pour interpréter en rappel Saint-Claude ; et après avoir promis une ballade comme tisane pour nous endormir, elle nous a lancé avec toute son énergie Intranquillité en se dirigeant parmi la foule du parterre jusqu’à la scène où elle a terminé en dansant avant de présenter brièvement ses collaborateurs avant de quitter l’endroit.

On en aurait bien repris encore et encore ! Le nouvel album s’appelle Chris et celui de 2014 Chaleur humaine… puisqu’on ne s’en lasse pas.