Je l’avoue, je ne connaissais pas ce groupe qui a performé le soir du 8 décembre au Centre Bell devant une salle comble composée de jeunes, de vieux, d’Anglo et de Francos mélangés.

La musique des Beatles en fond sonore avant le concert me ravissait pendant que le public entrait. Tout à coup, c’est parti, et fort à part ça ! D’une atmosphère psychédélique rappelant les années 70, le son est parti à fond la caisse et les deux écrans géants se sont allumés pour nous en faire voir de toutes les couleurs, vingt-et-une fois plutôt qu’une. Don’t Drink The Water d’abord, puis Seek Up et That Girl is You et Satellite. The Song That Jane Likes, un classique qui a fait un malheur, Seven, puis Kill the Preacher en version partielle ont suivi.

Sept musiciens qui jouent les choristes en plus de nous donner tout un spectacle, chacun au sommet de son art avec son instrument, ça en jette ! Chacune des chansons met en relief le son d’un membre du band qui offre de puissants solos. De savants jeux de lumière sont du meilleur effet et éclairent très souvent la foule enthousiaste qui semble connaître la moitié des chansons par cœur. Dave Matthiews joue les charmeurs en jouant sur tous les tableaux même si sa voix n’est pas toujours puissante, il semble s’en amuser.

Why I Am, Again and Again, Louisiana Bayou ont précédé Here on Out que le chanteur a eu peur de massacrer — il s’en est bien sorti finalement. Plus le temps avançait, plus le band se sentait à l’aise et bougeait, riait et semblait s’amuser comme une bande d’adolescents. Lover Lay Down, Sledgehammer (de Peter Gabriel), Kill the King, Do You Remember, et Warehouse ont enflammé le Centre Bell avant le Christmas Song de circonstance, aidé de la salle pour le refrain Love, love, love.

Rhyme & Reason a suivi, et le show s’est terminé avec Ants Marching avec l’infatigable batteur ganté, sous une pluie de lumières stroboscopiques. Il est vingt-deux heures quarante-quatre lorsqu’ils offrent en rappel You & Me, Pantala Naga Pampa et Rapunzel. Rappelons qu’ils ont commencé à vingt heures et des poussières, qu’il n’y a pas eu d’entracte et qu’ils sont encore en feu ! Pendant le concert des fans réclamaient des hits connus et il semble que le show aurait pu se poursuivre tard dans la nuit tellement on les sentait vibrer.

MDB a été créé en 1991 à Charlottesville en Virginie. Depuis, il s’est couvert de récompenses dont le Grammy Award, il cartonne au Billboard et vend des milliers de disques ; déjà 250 000 copies de Come Tomorrow paru en juin dernier. Outre Dave Matthews à la voix et à la guitare, Rashawn Ross à la trompette et Jeff Coffin, au saxophone (il a remplacé de cofondateur LeRoi Moore) et à la clarinette, Buddy Strong aux claviers (sidérant), Stéphane Lessard à la basse, Carter Beauford à la batterie et aux très nombreuses percussions ainsi que l’excellent Tim Reynolds à la guitare.

Les gars ont joué la veille à Boston et poursuivent la tournée jusqu’au 15 décembre aux États-Unis, Montréal étant le seul arrêt au Canada. On est gâtés !