Il y a dans l’activité de chroniqueur, comme dans presque toutes les activités, des pour et des contres. Un des contres, c’est d’aller voir des groupes que nous ne connaissons pas du tout. Parfois, cela peut devenir un pour, comme ce fût le cas avec le groupe anglais d’indie électronique Glass Annimals au MTelus.

Après l’avoir vu mardi soir, je n’ai aucune difficulté à imaginer pourquoi Paul Epworth (le producteur derrière les deux derniers disques d’Adele) l’a signé sur sa propre maison de disques après avoir assisté à un de ses concerts à Londres. Je vous gâche le punch dès le début :  le band est tout simplement impressionnant.

Quand j’arrive dans la salle, je peux déjà sentir qu’il y a de l’électricité dans l’air même s’il n’y a que les techniciens qui s’activent, sur les planches, à fignoler les derniers préparatifs. Il est vrai que l’endroit n’affiche pas complet, mais le deuxième étage est ouvert et tout le monde veut être le plus proche possible de la scène, au point qu’il n’y a que devant le bar du fond où cela a l’air un peu vide.

Et ce que je vais comprendre rapidement, c’est que ceux qui les aiment et se sont déplacés pour entendre les membres les aiment vraiment. Si la musique et la vigueur du groupe sont aussi responsables de la réussite de l’évènement, la foule y est aussi pour quelque chose. Rarement, j’ai vu un auditoire aussi bruyant, dansant et démonstratif. Il n’y a pas mieux pour créer de l’ambiance.

Après la courte intro {Premade Sandwiches}, la fête commence avec Life Itself et c’est l’explosion sur le parterre. Le beat de drum super entrainant de cette dernière met en valeur le talent et le sens du rythme du batteur Joe Seaward. Ceci prouve encore une fois que la musique ou les synthétiseurs et les séquences préenregistrées dominants peuvent être mieux servis par une vraie batterie. Contrairement à ce que l’on voit habituellement, celui-ci est à l’avant et à droite complètement du stage.

Mais le vrai centre d’attention est le guitariste et chanteur Dave Bayley. Il n’économise pas une goutte d’énergie pour rendre la performance la plus dynamique possible. Tout comme le batteur, les claviéristes Drew MacFarlane et Edmund Irwin-Singer sont, la plupart du temps, prisonniers derrière leur instrument, et c’est à Dave de faire le show. Il le fait particulièrement bien en dansant, tapant des mains, grimpant partout et courant dans tous le sens. Il descend même quelques fois pour aller serrer des mains et chanter avec les vrais fans collés sur la barrière à l’avant.

Puisque tous les musiciens du groupe doivent faire plus d’une chose, Drew et Edmund délaisseront régulièrement leur poste derrière les claviers pour ajouter respectivement une deuxième guitare et de la basse, ce qui donne un côté plus organique à la performance, que j’ai vraiment aimée.

Rien n’est laissé au hasard et la scène elle-même est très bien réussie. Les lettres lumineuses géantes G et A sont accompagnées d’un vieux meuble téléviseur comme ma grand-mère possédait, et un énorme ananas suspendu qui se transformera à la fin en boule disco très réussi.

Le groupe n’ayant que deux vrais albums à son actif, la plupart des admirateurs peuvent être comblés, et tous les nombreux succès du groupe sont interprétés. Pour le reste des choix, l’accent est mis sur son dernier disque How to Be a Human Being. Ce dernier semble plaire, car il n’y a pas une pièce où je me souviens de ne pas avoir vu des gens danser, d’autres chanter et des couples s’embrasser pendant tout le déroulement de la soirée.

Après une heure et quart de spectacle, les membres nous reviennent en rappel avec une reprise particulièrement électrisante du mégasuccès Crazy de Gnarls Barkley et ils nous disent au revoir avec la très « groovy » Pork Soda. Le fameux test du troisième album sera déterminant pour Glass Animals, mais s’ils jouent bien leurs flûtes et continuent à donner des prestations aussi étonnantes, leur succès pourrait être monstrueux dans le futur. À suivre!

Liste des chansons :

Life Itself
Black Mambo
Hazey
Poplar St.
The Other Side of Paradise
Season 2 Episode 3
Toes
Take a Slice
Mama’s Gun
Cane Shuga
Youth
Gooey
Agnes

En rappel
Crazy (reprise de Gnarls Barkley)
Pork Soda