Le vendredi 29 novembre, Laurence St-Martin a présenté la première montréalaise de son premier album Fille des îles au Ministère. On a eu le privilège de la suivre dans cette journée afin de découvrir qui se cache derrière la Fille des îles.

Notre arrivée au Ministère …

Lorsque je suis arrivé au Ministère sur le coup de 16 heures, Laurence St-Martin s’installait sur la scène avec ses musiciens. Ce n’est pas quelque chose de banal pour elle – loin de là. Comme elle fait souvent des premières parties (dont Matt Lang), elle est souvent accompagnée de sa guitare seulement : « Ce qui me fait le plus plaisir, c’est d’être avec mes musiciens. Ça va faire du bien à mon spectacle » s’est-elle exclamée quelques minutes avant le soundcheck.

Puisqu’elle produit son propre spectacle, elle s’est bien renseignée sur la salle avant de s’engager avec celle-ci : « Je suis vraiment quelqu’un qui stalke, j’avais déjà regardé la salle et les loges. De voir la salle tantôt, ça m’a juste fait plaisir. Elle est comme je pensais, elle est super belle et intime. »

L’heure du soundcheck …

Étonnamment, l’auteure-compositrice-interprète a décidé de chanter son grand succès Fille des îles lors du soundcheck. Comme c’est la pièce que je croyais qu’elle était la plus confortable, je lui ai demandé pourquoi la jouer si elle n’a pas nécessairement besoin de travailler sur cette composition. « C’est comme la chanson qui me met dans mes pantoufles. En même temps, c’est la pièce la plus importante chez les gens. Comme elle est facile, on se concentre sur ce qui ne va pas au lieu de se concentrer sur ce que l’on joue. »

Comme elle commence dans le métier, St-Martin ne se considère pas difficile en soundcheck : « Je n’arrive pas à dire, encore, exactement ce que je veux ou pas. Souvent, je m’assure dans ma tête que mon spectacle va bien. J’aime quand ma voix a un bon reverbe dedans et qu’elle est chaleureuse. Si l’on entend bien et que j’entends bien, ça va. J’aime ça quand ma guitare n’est pas très forte, je n’aime pas ça m’entendre la jouer ».

Le point de vue de sa gérante …

À l’aube du spectacle, sa gérante (Véronique Labbé) ne s’inquiétait aucunement pour sa protégée : « Sincèrement, j’ai confiance. Laurence a fait du chemin depuis le temps et elle a travaillé beaucoup d’aspects. Je sens qu’elle est prête et que c’est le moment qu’elle le vive. Elle a fait du travail de terrain qu’il fallait qu’elle fasse pour avoir son expérience et être capable d’en profiter et de le partager avec le public surtout. Je pense qu’elle est prête pour ça. C’est toujours un pied en avant de l’autre que Laurence prend sa place. Chaque fois, c’est un pas rassurant. En même temps, il devient solide avec sa carrière. ».

Dans la dernière année, Laurence a parcouru bien du chemin en accompagnant Matt Lang dans sa tournée. Même si elle n’est pas une artiste country, le mariage des deux est sans équivoque selon sa gérante : « C’est une artiste qui a un côté festif et feu de camp (guitare/voix). Je pense que les gens de country avec Matt Lang ont aimé ça, c’est un beau mélange ».  

Ce qui est intéressant, c’est que sa protégée a construit sa carrière « under the radar » sans passer par la tribune de La Voix. À seulement 20 ans, St-Martin a un avenir rayonnant devant elle : « Laurence a avancé avec l’équipe derrière et toute l’expérience qu’on était capable d’y donner pour être capable d’avancer. Toutefois, elle brillait par elle-même et elle a investi ses propres sous ».

Ses derniers préparatifs …

Tandis que ses musiciens faisaient une fixation sur le café comme ils ne semblent pas pouvoir jouer sans cette « drogue », Laurence vivait ses derniers moments en écoutant de la musique. Avant un concert, elle aime écouter des pièces qu’elle juge plus difficiles pour les rentrer dans sa tête et se mettre dans l’ambiance. Vu que c’est une journée spéciale pour Laurence, son amie maquilleuse ainsi que sa coiffeuse Martine (ironiquement, c’est elle qui avait coiffé Gabriella lors de sa première montréalaise le 15 novembre dernier) étaient au rendez-vous pour la gâter : « Je me sens comme Marie-Mai. Je me sens belle, ça va bien aller. Tu vois, je suis moins stressée parce que je suis prête », s’est-elle exclamée lors de notre dernier entretien avant sa prestation.

Pour conclure sur une note philosophique, voici la pensée que sa coiffeuse lui a soufflée à l’oreille : « Il y a des gens qui nous détestent, il y a des gens qui nous aiment et il y a des gens qui s’en foutent. À qui est-ce que tu décides de t’adresser … ? »

Trois moments marquants du spectacle …

Dans la première rangée, de jeunes enfants connaissaient toutes les paroles des chansons se retrouvant sur sa première palette et c’est quelque chose qui touche énormément l’artiste. Tellement qu’elle s’est même permis d’aller donner le micro à une jeune fille durant l’interprétation de Bout du monde : « Je trouve ça vraiment cute, je suis tout le temps contente de les voir. C’est tellement touchant, ils connaissent toutes les paroles mot par mot. Je les vois, ils sont tout le temps en avant avec ma tuque et mon chandail. Ça vient me chercher parce que c’est des paroles qui sont extrêmement importantes pour moi et qui me touchent beaucoup. Voir un enfant chanter Bout du monde qui relate que j’ai perdu une de mes amies, ça vient me chercher. ».

Récemment, la belle a fait paraître une chanson de Noël qu’elle a livré pour la première fois à un public : « Je trouve que Cheers est un mélange de Filles des îles et Quand t’es là en ce qui concerne la sonorité. C’est très festif, on ne se sent pas autour d’un sapin de Noël, mais reste que ça crée une ambiance du temps des fêtes du mois de décembre ». Pour l’occasion, un de ses fans avait sorti ses accessoires du temps des fêtes pour l’occasion.

Tout juste après, elle a invité King Melrose à venir la rejoindre sur la scène afin de présenter un duo : « C’était le fun, c’est toujours plaisant quand il est là. C’est sûr que ça montre la vraie chanson. Ce gars-là, il y a tellement de charisme sur la scène, ça n’a pas de sens. Je suis vraiment contente qu’il fasse partie de l’équipe Filles des îles et je le remercie de m’avoir fait confiance en s’impliquant dans le projet dès le début quand je n’étais personne. J’ai développé une belle amitié avec lui. »

Quand les émotions tombent …

« Je suis contente, je suis sur le high. Vu que je suis dans mes débuts, j’aime prendre le temps de m’asseoir et voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. Il y avait de petites erreurs, c’est normal et ce n’est pas grave. Je suis quand même fière de moi en général. Je pense que les gens ont plus aimé que moi je pensais qu’il allait aimer. Donc, j’en suis bien contente » s’est-elle exclamée après le spectacle – quelques instants après qu’elle a rencontré ses admirateurs inconditionnels.

À l’exception des moments marquants mentionnés, elle a aimé « remettre quelque chose en pleine face » à Matt Lang en lui demandant de caler un verre entre deux chansons. Il ne faut pas oublier l’interprétation de son succès-découverte qui l’émeut à chaque fois : « Fille des îles, c’est toujours touchant de voir les gens chanter mot pour mot et de voir leur bonheur »

Qu’est-ce que King Melrose et Matt Lang aiment de Laurence St-Martin ?

« Son énergie et sa contagion, c’est pour ces raisons que je fais de la musique aussi ; c’est le partage de la musique. Quand Véronique Labbé nous l’a présentée, cela a été un coup de cœur. Avec Soyons nous, les deux caractères ont super bien fitté ensemble. À toutes les fois que je peux l’aider, j’essaie de le faire. […] Au début, il y a du monde qui a cru en moi. Je suis super fier, je n’ai que de beaux mots pour elle. » – King Melrose.

« C’est une vraie personne. C’est une fille avec beaucoup de talent, c’est aussi quelqu’un de fantastique. En plus d’être hyper talentueuse, elle est très humble. En plus, elle ressemble à ma gang. C’est pour cette raison que je me suis dit que je vais l’aider du mieux que je peux parce qu’avant tout c’est une personne exceptionnelle. Je pourrais en parler longtemps de Laurence pour dire à quel point je suis fière d’elle.  Je la vois grandir et c’est plaisant de voir que mon public l’apprécie aussi. » – Matt Lang.