Lors du premier gala de l’ADISQ 2016 et du dévoilement des nominations de l’ADISQ 2017, j’avais discuté avec Patrick Watson et Matt Holubowski. Les deux étaient unanimes ; les deux chanteurs anglophones souhaiteraient que leur musique soit considérée dans les catégories principales d’albums de l’année.

Alors, j’en ai profité pour tester le pouls des différents vainqueurs lors du Premier Gala de l’ADISQ 2017 qui avait lieu le 26 octobre au MTelus. Voici leurs réactions :

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Klô Pelgag/Choix de la critique & Album alternatif

« Ah oui, c’est une bonne question en fait. Ce n’est pas vraiment dû à notre histoire ni la peur de se faire envahir et manger notre culture. En même temps, ça fait partie de notre culture aussi. Les anglophones au Québec, ça le doit d’exister. C’est quand même un truc assez étrange surtout que ce soir les catégories sont passées tellement vite, ils ont mis les deux prix en même temps. Je trouve que ça, c’est un peu désolant personnellement de ne pas remettre un truc spécial pour chacun parce qu’ils le méritent autant que les francophones. C’est la même chose dans les festivals anglophones, les francophones sont traités de la même façon. Ne pas faire aux autres ce qu’on ne voudrait pas se faire faire ! »

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Safia Nolin/Album de réinterprétation

« Je ne sais pas, c’est une “fucking” bonne question. C’est vrai que j’ai des amis francophones qui font de la musique en anglais et qu’ils ne sont pas sélectionnés ici nécessairement. C’est vrai que c’est dommage ! Je n’ai pas réfléchi vraiment à ça comme je fais de la musique francophone ».

Charles-Richard Hamelin/Album classique soliste petit ensemble

« Je pense qu’il a tellement de bonne musique au Québec qui se fait en anglais, ça serait un peu dommage de ne pas la célébrer aussi. Cependant, ce que je trouve dommage, on ignore beaucoup ce qui se fait au Québec au Juno — ce qui se fait en français au Canada. Si on célèbre la musique anglophone ici, on devrait faire la même chose à Ottawa. C’est mon opinion là-dessus, il faudrait que tout le Canada entier célèbre les deux ».

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Élisabeth Cossette/Album jeunesse

« Je crois que oui. Je pense que peu importe si on enseigne l’anglais, il faut garder notre français et de l’exposer le plus possible. Je crois que les chansons sont une bonne manière pour les jeunes d’apprendre des nouveaux mots que l’articulation est différente et les différents thèmes. Juste de se laisser aller et d’apprendre des chansons en français. J’adore la musique en anglais et j’en raffole, mais je crois que c’est important dans le monde des jeunes d’avoir un équilibre des deux et d’y donner autant d’importance au français qu’à l’anglais. Je pense que plus tu maîtrises les deux langues, le mieux, ça va te servir dans la vie ».

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Gabrielle Goulet/Tapis rouge

« Pour être honnête en ce moment, c’est la première fois que je suis sélectionné et je ne veux pas trop bûcher là-dedans. Je pense que c’est bien qu’on ait un gala de l’ADISQ francophone franco-canadien. Le fait qu’on garde des catégories pour l’anglais, c’est bien. Ils ont déjà les Grammy’s, les Juno’s, il y en a plein. Pour moi, c’est bien qu’on garde le côté français, on travaille tellement fort pour se démarquer parmi l’anglais, c’est beaucoup plus difficile que pour moi je garderais ça comme ça. Dans ma tête, les Juno’s, c’est l’équivalent de l’ADISQ. Donc, je ne verrais pas pourquoi on voudrait faire exactement pareil. Si ça arrive à ça, je n’ai aucune plainte comme ce n’est pas moi qui vais décider. On mérite de se faire connaître dans des galas comme l’ADISQ ».

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Ludovick Bourgeois/Tapis rouge

« Honnêtement, je ne vois pas pourquoi on n’en mettrait pas si les artisans du Québec fêtent la musique. Il y a plein d’ethnies, plein de langues au Québec. Alors, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas ».

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