C’est à une belle soirée de métal extrême que nous étions conviés au Metropolis le lundi 24 juillet. Le mot extrême est bien le seul dénominateur commun entre les trois bands présents, tant leur style diffère. La violence en trois temps commence par du death technique bien de chez nous.

Cryptopsy est présentement en tournée pour les 20 ans de l’album None So Vile qu’ils interprètent dans son intégralité pour l’occasion. Ne suivant plus le groupe depuis un certain temps, je n’avais jamais vu le chanteur Matt McGachy à l’œuvre et j’étais curieux de voir s’il était capable de rendre le style vocal particulier et caverneux de Lord Worm, ayant toujours en tête l’erreur qu’ils avaient faite avec Martin Lacroix.

 Le résultat fût plus que probant et l’interprétation nous a fait oublier le chanteur d’origine de l’album sans problème. Techniquement, les trois autres musiciens sont tous aussi irréprochables. Le batteur et seul membre original Flo Mounier est vraiment une référence dans le genre et il est toujours impressionnant à regarder.

La complexité de leur musique et le peu d’espace qu’ils ont pour jouer font qu’ils ne bougent pas beaucoup. La prestation plaît assurément aux fans, mais laissent sans contredit perplexe tous ceux qui ne sont pas familiers avec ce death métal qui flirte avec le grindcore.

Aussi contre nature que leur présence peut paraître en première partie du célèbre groupe de Virginie, le nombre impressionnant de personnes qui abordent fièrement un t-shirt à l’effigie de Behemoth prouve sans aucun doute qu’il y a beaucoup de monde qui est là pour les voir.

Dès que Nergal et sa bande prennent possession de la scène, le parterre s’enflamme. Avec un micro impressionnant à l’avant, chaque musicien vêtu d’une grande robe ou d’une armure et leur maquillage typique, leur facture visuelle est toujours aussi grandiose.

S’il y a quelques années je les trouvais un peu ringards, un raffinement dans leur look et surtout une série de trois disques solides les a fait remonter dans mon estime.

On peut dire que c’est le festival des drummers tant Inferno impressionne lui aussi avec son jeu aussi rapide que soigné. Quoique moins volubile qu’à son habitude, le chanteur reste un « frontman » charismatique. Si à tout moment il n’a pas de difficulté à faire lever les poings et les « Devil Horns » dans les airs, les morceaux Conquer All et Chant For Eschaton 2000 semblent encore plus fouetter le public qui en redemande.

Si pendant un court instant on se croit pendant l’évènement principal, la courte durée du set nous ramène vite à la réalité. Je suis sûr que les admirateurs en auraient pris quelques minutes de plus.

Leur popularité n’est plus à prouver et la base de fans qui leur sont loyaux est assez importante pour assurer à Lamb Of God une salle comme celle  de la rue Sainte-Catherine bien remplie à chaque coup. Il faut dire qu’à chacune de leur présence ils se donnent à 100% et il est difficile d’en repartir déçu. C’est ce soir la 16e fois que je les vois et je suis toujours aussi excité.

Déjà pendant l’attente de leur arrivée, l’énergie de la foule est palpable. Sans être sans précèdent, les deux triptyques d’écrans de chaque côté de la scène sont de bel effet.

Elles nous servent des images de feux en guise d’introduction, mais elles agrémenteront la musique tout au long de la soirée avec soit du visuel qui touche notre imaginaire, soit des images tirées des vidéoclips des chansons jouées.

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Le groupe commence fort et la foule est instantanément en délire dès les premières notes de Laid To Rest qui nous est servi comme entrée en la matière. Le tout est de bon augure tant l’interprétation est précise et énergique à la fois. Les talents et la fougue du batteur Chris Adler en sont des causes évidentes.

Si les musiciens sont encore meilleurs avec le temps, ils ne bougent plus sur un stage comme il y a vingt ans et sont beaucoup plus statiques qu’ils ne l’ont été.

Heureusement, le chanteur et maître de cérémonie Randy Blythe ne semble pas vouloir laisser l’âge l’affecter et se déplace constamment de gauche à droite tout en continuant à exécuter de nombreux sauts toute au long de la soirée.

Côté des titres joués, la formation a misé sur un bon nombre de classiques indémodables pour mettre le feu aux poudres, et ce même en début de spectacle avec Now You Got Something to Die For et Ruin qui nous ont longtemps été servis pour repartir ou finir en beauté.

Walk With Me In Hell est dédié à des groupes comme Cryptopsy, Voivod, Despised Icon et à toute la scène métal québécoise. Si le setlist reste somme toute assez classique, ils nous ont quand même ramené de l’album Sacrement deux belles surprises nommées Blacken The Cursed Sun et Descending qu’ils ne nous avaient pas sorties souvent dans les dernières années.

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Pour un groupe qui n’était jamais venu nous voir officiellement pour son dernier disque VII: Sturm und Dran, il nous a fait l’honneur que de trois pièces de celui-ci, dont 512 qui n’est pas, à mon humble avis, une des meilleures. L’on en aurait pris une peu plus tant cet album marquait un retour réussi.

Si je n’ai qu’une seule autre critique négative à faire, c’est que leur spectacle n’ait duré qu’une petite heure et quart. Quand on est rendu un groupe de leur stature et qu’on commence à avoir un catalogue aussi fourni que le leur, un plus grand nombre de temps est requis pour bien faire.

Mais là sont bien mes seuls reproches. Quand l’on quitte avec Redneck qui bourdonne encore dans notre tête, nous n’avons pas à être déçus et nous sommes beaucoup habités par le sentiment d’avoir assisté à un très bon show. Au plaisir de les revoir pour une 17e fois quand ils vont revenir dans notre belle province.

Liste des chansons:

  1. Laid to Rest
  2. Now You’ve Got Something to Die For
  3. Ruin
  4. 512
  5. Engage the Fear Machine
  6. Walk With Me in Hell
  7. Hourglass
  8. Set to Fail
  9. Omerta
  10. Still Echoes
  11. Blacken the Cursed Sun
  12. Descending
  13. Vigil
  14. Redneck