Revisiter le classique Starmania de Luc Plamondon et Michel Berger avec des voix lyriques fabuleusement maîtrisées et des performances sans faille. C’est le défi auquel l’arrangeur musical Simon Leclerc et les metteurs en scène Michel Lemieux et Victor Pilon se sont attaqués lors du Festival d’opéra de Québec. 

Les voix sont magnifiques et très puissantes. L’apport de l’Orchestre symphonique de Québec est indéniable et les appuie de belle façon. Des danseurs ajoutent un côté plus wild à la bande Les étoiles noires. L’interprétation théâtrale est très présente, ce qui met en valeur l’organe vocal des chanteurs.

Les décors, composés de toiles où sont projetées des vidéos de gratte-ciels, de soleil ou de feux, sont magnifiquement bien réalisés. Ils sont simples, mais très efficaces. Les costumes créés par Anne-Séguin Poirier donnent de la prestance aux chanteurs.

Starmania raconte l’histoire de Zéro Janvier (Marc Hervieux), un milliardaire qui veut devenir président de l’Occident de manière totalitaire. À l’opposé, le regroupement Les étoiles noires, mené par Johnny Rockfort (Étienne Dupuis), terrorise la capitale Monopolis et prépare des attentats pour ébranler le pouvoir. L’amour, la trahison, la quête du pouvoir et la destruction sont aussi des éléments de l’histoire.

Des performances vocales hallucinantes

La soprano Marie-Josée Lord nous a fait vibrer en Marie-Jeanne, surtout durant Le monde est stone qu’elle exécute avec émotions dans une magnifique robe jaune sous la projection d’un lever de soleil. Un moment marquant! Elle a offert des versions plus que réussies de La complainte de la serveuse automate et de Ziggy (Un garçon pas comme les autres).

Marc Hervieux a impressionné dans son rôle de Zéro Janvier précisément dans sa touchante interprétation de Le Blues du businessman. Une performance qui m’a donné des frissons du début jusqu’à la fin. Son duo avec Lyne Fortin (Stella Spotlight) dans Ego Trip a été un des moments les plus drôles et savoureux du spectacle.

Mon coup de cœur a été la puissante voix et l’interprétation sans faille d’Étienne Dupuis. Il joue un Johnny Rockfort avec contenance et prestance. Sa version de Quand on arrive en ville, en début de spectacle, m’a jetée par terre et m’a fait dresser les poils de mes bras. Son idylle amoureuse avec Cristal (Raphaelle Paquette) est aussi sublime dans le jeu que dans les interprétations. Pascal Charbonneau (Ziggy) et Krista de Silva (Sadia) ont offert également de bons moments durant le spectacle.

L’opéra-rock Starmania est un spectacle à voir et à entendre. Un pur moment de bonheur et de ravissement qui se poursuit jusqu’au 4 août au Grand Théâtre de Québec.

Rappelons que cette version de Starmania a été présentée à l’origine en 2008.

Crédit photo : Louise Leblanc