Il y a de ces affiches qui me donnent hâte d’être présent au show et c’était le cas hier soir avec la présence de Mastodon et Eagles of Death Metal dans la même soirée.

Même si j’aime le headliner, c’est d’EoDm que je suis un vrai fan. À entendre les cris nourris de la foule, je ne suis pas le seul à attendre le groupe de pied ferme. Il faut dire que ce n’est même pas vraiment encore commencé que le chanteur Jesse Hugues s’amuse avec nous.

Une présence surprise sur scène est sûrement aussi responsable de l’excitation du public. Le guitariste Brent Hinds est sur le côté droit et se prépare à s’amuser un max sur I Only Want You qui inaugure le show. C’est de toute beauté de le voir interagir avec Jesse et leur complicité est palpable. Le ton est donné, et ça va être la fête pour les 45 minutes qui vont suivre.

Le MTelus crie en chœur « Eagles, Eagles, Eagles » après seulement une chanson, et c’est gonflé à bloc que le groupe nous joue Don’t Speak (I Came to Make a Bang!). Il n’y a pas que le leader qui sait se donner en spectacle, le guitariste à la longue barbe Dave Catching n’est pas en reste et il est responsable de la plupart des solos et des improvisations à la guitare.

La belle bassiste Jennie Vee bouge peut-être un peu moins que ses deux comparses, mais elle est solide avec son instrument et sait prendre la pose avec son manteau de cuir rouge, ses lunettes soleil et sa casquette d’aviateur, au grand plaisir des photographes. Les membres y vont d’un hommage au défunt David Bowie avec l’excellente Moonage Daydream avant de conclure en force avec I Want You So Hard et Speaking in Tongues.

Si je n’ai qu’un commentaire négatif à faire, c’est que la prestation de ce soir avait un air de « jam session » tant les pièces étaient longues à commencer, les musiciens y allongeant les introductions et les finales. Je suis d’accord avec les vrais amateurs, cette pratique est usuelle pour le groupe, mais normalement Jesse reste sur la scène pour danser et jouer quelques notes avec ses collègues. Là, il se dirige en coulisse entre presque chacune des chansons. Malgré tout, c’est un début de soirée réussi et la salle est bien réchauffée pour ce qui va suivre.

Autant la popularité des précédents était visible, il est impossible de nier que c’est Mastodon que le public attend vraiment. La connexion entre les fans et le groupe est tellement intense qu’elle en est presque tangible. Il frappe fort dès le début avec The Last Baron (l’album Crack the Sky étant encore un des préférés des amateurs). Je trouve d’ailleurs moi-même que c’est leur chef-d’œuvre. Pour notre grand bonheur, ce dernier et le petit nouveau Emperor of The Sand seront les pièces maitresses de leur prestation. Sultan’s Curse et Divination, placée respectivement en deuxième et troisième place, donnent le ton.

Le décor du stage est très réussi. Mettant de côté l’éternel fond de scène aux couleurs de la pochette de leur dernier disque, ce sont 7 colonnes de lumières qui s’animent sous nos yeux avec autant des vidéos que des effets lumineux psychédéliques et d’ambiance qui se marient parfaitement avec la musique du groupe.

EODM06

On a tendance à oublier de le mentionner, mais ils ont pratiquement réussi à inventer un nouveau style de métal progressif à eux seul. Qui peut se vanter de mélanger avec autant d’aisance la technicité de ce genre avec le côté brut du sludge métal, du stoner rock et de l’hardcore? Sans compter des influences death métal très présentes dans leurs vieux enregistrements.

Justement, les admirateurs de longue date diront sûrement que les débuts du groupe furent sous-représentés, mais l’intensité de Bladecatcher et les frissons procurés par l’intemporelle Megalodon leur font pardonner ce manquement. En essayant de ratisser large, il y aura toujours des insatisfaits. Par exemple, pour ma part, ce sont le peu de titres de The Hunter et  surtout  d’Once More ‘Round the Sun qui m’a déçu. Le deuxième étant à mon humble avis leur seconde plus grande réussite jusqu’ici.

Mais leur reprocher ce genre de chose serait faire abstraction de la qualité des nouveaux morceaux comme Andromeda et Show Yoursel, pour ne nommer que ceux-là, et l’exécution qui est sans failles. D’autant plus impressionnant que les quatre membres ont chacun leurs parties de chant à plusieurs moments dans le show et que jamais cela ne les empêche d’être irréprochables à leur instrument respectif.

Mastodon est un groupe d’exception que plusieurs ont peut-être essayé d’imiter, mais que personne n’a réussi à égaler dans leur genre. Ils font les choses à leur façon, comme cette habitude de nous faire un long show sans entracte, ni rappel. Après un Steembreather que l’on se rappellera longtemps, le groupe nous dit à la prochaine non sans que le batteur Brann Dailor reste quelques minutes pour nous dire à quel point il aime Montréal et qu’il a déjà hâte d’y revenir.

Et je dois vous l’avouer, on le croit tant il a l’air sincère. Certain auront peut-être remarqué que rien n’a été joué de leur nouveau EP Cold Dark Place. Comme celui-ci est sorti il y a seulement quelques jours, il trouvera peut-être sa place plus tard dans cette tournée, ou même, comme belle surprise dans le futur.

Liste des chansons :

The Last Baron

Sultan’s Curse

Divinations

Crystal Skull

Ancient Kingdom

Bladecatcher

Black Tongue

Colony of Birchmen

Ember City

Megalodon

Andromeda

Oblivion

Show Yourself

Precious Stones

Roots Remain

Crack the Skye

Chimes at Midnight

Mother Puncher

Steambreather