Call Me Crazy, mais malgré l’énorme succès de son premier album et les simples de son deuxième, je ne m’entendais pas à autant d’engouement pour le spectacle de Milky Chance au désormais MTelus. Encore moins à guichets fermés.

Et ça n’a pas été ma dernière surprise, je n’aurais jamais pensé autant aimer ça ! Comme beaucoup, j’ai trouvé énormément sympathique Sadnecessary en 2013 au point de l’écouter à plusieurs reprises, et j’ai eu conscience de la sortie de Blossom l’an passé, mais sans plus. Je croyais que j’avais affaire à un feu de paille, et que le succès de la formation aurait été voué à disparaître ; je ne pouvais pas être plus dans le tort que ça.

Dès que le chanteur Clemens Rehbein et tout le reste de la bande ont embarqué sur les planches pour commencer le tout avec Clouds, ç’a été l’euphorie totale dans l’auditoire et tout le MTelus s’est levé comme un seul homme. Nous étions qu’à la première chanson et ce n’était même pas un de ses plus gros succès, j’ose imaginer la suite. Souvent dans les spectacles indie rock, la foule reste calme et est plus contemplative que dans les prestations de métal ou même de hip-hop, mais ce n’était vraiment pas le cas ce soir.

Il faut dire que le mélange de folk, de rock, de « dance » et d’électro du groupe est plutôt très énergique. L’intensité est allée en crescendo jusqu’à Flash Junk Mind qui a fait littéralement exploser la salle. Ça dansait, ça chantait, ça sautait, ça tapait dans les mains, et ce, du début du plancher jusqu’aux derniers gradins du balcon. Sur Cold Blue Rain, c’était au tour d’Antonio Greger de voler la vedette avec son harmonica. Rarement, j’ai vu cet instrument créer autant d’émoi dans un show rock.

Si le sourire éternel du chanteur et sa bougeotte constante étaient pour beaucoup dans les raisons de notre plaisir, un son digne de leur stature et des jeux de lumière impressionnants ne faisaient que rendre l’expérience encore plus agréable. Les quatre disques de cuivre percés de trous lumineux de chaque côté de la scène faisaient un superbe effet en changeant au gré des mélodies.

Quand les musiciens se sont retirés pour laisser Clemens nous faire un long solo de guitare en guise d’introduction à Down By The River, ce n’était que pour mieux revenir pour nous faire une version longue, où chacun y allait de sa petite improvisation. Ils ont réservé le même sort à la suivante Sadnecessary, juste avant de ralentir légèrement le tempo sur Alive et Bad Things.