C’est deux bands à la fois extrêmes et expérimentaux qui sont les deux têtes d’affiche de cette soirée très spéciale au Metropolis en ce mardi soir. Ces deux qualités sont sûrement les seuls que les deux groupes ont en commun tant ils officient dans des genres différents. C’est sans contredit le plus violent et le plus agressif des deux qui joue avant l’autre.

Un des précurseurs du metalcore et du post-hardcore, Converge, est un de rare groupe culte qui a réussi à avoir plus succès avec ses disques récent que ceux qui lui ont procuré ce statut. Si Jane Doe reste son album de référence, ses deux derniers en date sont ses plus gros succès de vente. Il n’est donc pas étonnant que ce soit ceux-ci qui soient mis le plus à l’avant ce soir.

Pour l’œil et les oreilles des néophytes qui ne savent pas ce qu’ils s’en viennent voir, le choc peut être brutal, mais pour les yeux des photographes présents c’est un pur bonheur tant le chanteur et les musiciens bougent dans tous les sens et que ce n’est pas les pauses qui manquent. La voix de Jacob Bonnan est à la fois gutturale, criée et puissante.

Il est bien certain qu’on ne comprend pas grand-chose de ce qu’il chante, mais sa voix est un élément sonore qui ajoute une texture à ce chaos musical qui est pourtant très contrôlé et purement technique. Si ce n’est pas toute la salle qui tripe fort, un important groupe de fans et d’irréductibles se démènent sur le parterre comme si leur vie en dépendait et le groupe leur rend à merveille.

J’ai entendu nombreux commentaires négatifs sur leur prestation a la sortie de la salle et j’en conviens qu’il n’est pas facile d’approche de les apprécier, mais quiconque comprend le genre et se donne la peine de les écouter va découvrir un groupe qui prend tout son sens en live. Les membres m’ont grandement convaincu et je leur lève mon chapeau d’interpréter d’aussi bonne façon des compositions somme toute assez complexes en se donnant autant en spectacle. Un incontournable dans le genre.

Honte à moi, mais c’est enfin la première fois que je vais pouvoir contempler et entendre les Californiens de Neurosis en live. Ils ont marqué très fort mon univers musical avec leur album A Sun That Never Sets (2001) et, encore plus, The Eye of Every Storm (2004), mais jamais je n’avais eu la chance de les voir jouer.

Si malheureusement rien n’est interprété de ceux-ci, j’ai découvert deux autres de leurs chefs-d’œuvre en l’occurrence Given To the Rising et le petit dernier Fires Within Fires, qui auront la part du lion du setlist.

Dès les premières notes de Lost, on comprend vite ce à quoi nous aurons affaire. Un mur de son lourd et atmosphérique soutenu pars des voix caverneuses et puissantes et interprété de mains de maître par les cinq principaux intéressés. La foule se laisse facilement embarquer dans ce voyage beau et malsain, à la fois teinté de riffs imbriqués que de moments plus calmes.  Si la foule montre bien son appréciation, elle reste cependant bien majoritairement contemplative. La musique du band est quelque chose qui se vit de manière introspective.

Je suis étonné de voir à quel point les musiciens bougent et se déplacent sur le stage. Ce n’est pas la folie, mais ça reste très dynamique pour le style. SI le chanteur Scott Kelly mène le bal coté vocal, ses compères Dave, Steve et Noah ne sont toujours pas loin pour ajouter leur grain de sel dans le chant. Et pour notre grand bonheur, le son est bon. Même sans connaître chaque morceau par cœur, il est facile d’en saisir toutes les nuances.

Malgré tout, il ne faut pas oublier qu’ils s’adressent beaucoup à un public averti qui sait apprécier de la musique aussi métal qu’expérimental. SI l’endroit était très loin d’être vide, le Metropolis était limite d’être trop grand. Mais quand il nous quitte après une heure et demie de spectacle sans rappel, les fans repartent avec la satisfaction d’avoir été comblé par la formation qui, malheureusement, ne vient vraiment pas nous voir assez souvent.

NeurosisARP-13

Liste des chansons de Neurosis :

Lost

The Web

A Shadow Memory

Locust Star

Fire Is the End Lesson

At the End of the Road

Broken Ground

Water Is Not Enough

Bending Light

The Doorway