Les admirateurs de Maynard James Kenan se souviendront longtemps de cette année 2017. Après avoir attendu près de 10 ans jour pour jour pour le retour de Tool dans notre belle ville, il y aura fallu 14 ans pour qu’À Perfect Circle se pointe à Laval après son dernier passage au Metropolis de Montréal.

Avec la popularité énorme du premier groupe et l’attente aussi longue, j’aurais pensé que la Place Bell afficherait complet ce soir. Loin d’arriver à ce compte, une bonne partie des estrades était même vide. C’est un peu désolant à voir. Le spectacle de Tool au Centre Bell, il y a seulement 6 mois, en est-il la cause ?

Mais il y a un autre facteur qui n’est pas à négliger, cela fait plus de 13 ans que les membres du groupe n’ont pas sorti un disque de matériel original. Si leur popularité était indéniable au début des années 2000, ils n’ont pas réussi à renouveler leurs admirateurs, et j’ai vite remarqué que beaucoup de mes amis de générations plus jeunes n’avaient aucune idée de qui ils étaient.

Mais trêve d’explications, ceux qui se sont déplacés mardi soir ont eu droit à une performance sonore et visuelle qui valait immanquablement le détour au nord de Montréal. Si le nombre de billets vendus peut nous faire dire que le spectacle aurait été mieux placé ailleurs qu’ici, force est de constater que le son est encore une fois de qualité dans ce nouvel amphithéâtre et que l’impressionnant stage qu’ils ont amené avec eux n’aurait pas eu le même effet dans le MTelus disons. Même moi, le Montréalais pure laine, je commence à prendre goût à cette nouvelle Place Bell comme salle de spectacle.

Fidèle à l’aura mystérieuse du groupe, la première chanson The Package a été jouée derrière un grand rideau blanc qui nous a permis de voir que les ombres de chaque musicien se mouvaient au son de la musique. Si ce n’était pas idéal pour les photographes, l’effet était très réussi et la table était mise pour le reste. Le set a continué admirablement avec The Hollow et on a pu constater le visuel surtout axé sur les jeux de lumière.

Dans la pénombre

Comme toujours, Maynard était le plus « confidentiel » possible et chantait dans la pénombre, quoique juché sur une petite plateforme plus haute que celle du claviériste (mais moins haute que celle du batteur). Toutefois, il était tout en voix pour notre grand plaisir, et je l’ai trouvé encore plus bavard qu’avec son autre groupe.

Son discours également alarmiste et sarcastique sur ce qui se passait dans le monde était parfaitement dans le ton pour présenter leur relecture de la pièce Imagine de John Lennon. Bien que le groupe ait été critiqué pour avoir complètement changé l’essence de la version originale, je trouve encore que c’est une des plus grandes preuves du génie d’A Perfect Circle.

La notoriété du chanteur à tendance à nous faire oublier que le vrai leader et compositeur du groupe était en réalité Billy Howerdel. C’est lui, après des années à avoir été « guitar tech » pour des groupes illustres comme Nine Inch Nails, The Smashing Pumpkins, Guns N’ Roses et Tool, qui a mis sur pied APC.

C’est aussi à lui que revenait le rôle de « frontman » sur scène, ce qu’il a fait très bien en se déplaçant sans cesse et en nous invitant à réagir le plus souvent possible. Signe de l’âge moyen dans la foule, c’est le bon vieux briquet qui a été le plus répandu dans le public et non la lampe de poche du cellulaire. Il faut mentionner que la prise de photos, d’une quelconque façon, était interdite par les admirateurs au risque de se faire expulser de l’endroit.

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Mention spéciale au guitariste-claviériste

Mention spéciale au guitariste et claviériste James Iha pour son intervention où il nous a expliqué pourquoi il aimait tant le Québec en sortant toutes les expressions en français qu’il connaissait et en nous exprimant son amour pour la poutine. Un beau moment d’humour dans une soirée plutôt sombre.

Nous promettant un nouveau disque pour 2018, ce qui fait grand plaisir à la foule, ils n’ont pas manqué de jouer les trois titres déjà disponibles. La très dark The Doomed, la dansante Hourglass et la planante Feathers, qui était bizarrement interprétée pour finir leur performance comme toujours sans rappel.

Si la très appréciée Judith a manqué à l’appel et que beaucoup ont critiqué le choix de jouer la version All Main Courses Mix de 3 Libras (tirée de l’album de remix aMOTION), on peut quand même affirmer que nous avons eu droit à un spectacle d’exception comme il nous arrive peu souvent de voir et que tous les absents ont eu tort de ne pas s’être déplacés. En espérant que nous n’aurons pas à attendre plus de 10 ans pour les revoir.

Liste des chansons :

The Package
The Hollow
The Noose
Weak and Powerless
Rose
Imagine (reprise de John Lennon)
By and Down
Thomas
(What’s So Funny ’bout) Peace, Love and Understanding (reprise de Nick Lowe)
Orestes
Vanishing
Magdalena
A Stranger
3 Libras (All Main Courses Mix)
Hourglass
Counting Bodies Like Sheep to the Rhythm of the War Drums
The Doomed
The Outsider
Feathers