Le Charleboiscope pour nous faire voyager dans le temps, voilà ce à quoi nous conviait Robert Charlebois en nous ouvrant son album de famille en films et en photos mises en mouvement dans un puissant délire psychédélique. Je me suis revue adolescente avec mes amies dans cette même salle en chantant à tue-tête toutes les chansons. Surprise de me les rappeler encore après presque 50 ans, j’ai éprouvé le même plaisir.

Ces chansons, elles n’ont pas pris une ride, elles sont même pour certaines d’une cruelle actualité. Le grand Robert nous est apparu tout de blanc vêtu avec une splendide guitare blanc cassé après la présentation de segments d’entrevues datant d’aussi loin que 1970 où il répond candidement qu’à part Mozart et Beethoven, il ne voit personne qui lui arrive à la cheville… rien que ça ! Il en rajoute une couche en disant qu’il a peur d’avoir trente ans et que c’est encore plus catastrophique d’atteindre la quarantaine. Il allait marquer le Québec en chantant sa réalité sans fard.

Cependant, c’est avec un titre de son dernier album, Et voilà, sorti en début 2019 qui s’intitule Le manque de confiance en soi, écrit par Réjean Ducharme pour Pauline Julien et lui qu’il ouvre son spectacle. Il y prévoit manquer son coup, faire fall ball, faire pétake et autres déclarations défaitistes sur un air bien décidé.

Les suivantes sont des succès à vie tels, Dolorès, Les ailes d’un ange, Tout écartillé, Ent’deux joints, Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est une job, entrecoupées de chansons plus récentes dont Musique de chambre, écrite en collaboration avec Simon Proulx des Trois Accords.

C’est son Fu Man Chu avec en toile de fond un film de Sergio Leone se mettant en scène lui-même entre Miou Miou et Terrence Hill qui est hilarant et comme sa finale nous emmène sur la lune, les éclairages qui nous éblouissent jusqu’à la FINE.

Entre en scène sa grande amie Louise Forestier pour California suivi de Lindberg avec la fougue de leurs vingt ans. Leur complicité a traversé les époques.

Ordinaire, le Mur du son et J’t’aime comme un fou suivent avec les accents du saxophone. Il est d’ailleurs entouré de dix excellents musiciens.

Il revient en rappel avec Louise Forestier puis seul pour Je reviendrai à Montréal. Comme il nous trouve trop sages, il nous balance Te v’là ! avant de nous envoyer nous coucher au son de la chanson titre de son dernier album Et voilà qui parle du temps qui passe et qui ressemble un peu à un adieu.

Il fête ses 55 ans de métier et performe sans entracte à presque 75 ans ! Il a une énergie incroyable et c’est contagieux !

Robert Charlebois sera à la salle Wilfrid-Pelletier de la PDA le 8 juin avant de nous revenir en décembre.