Invité à la 37e édition du Festival de jazz de Montréal, Rufus Wainwright est venu nous présenter son spectacle construit sur deux univers musicaux différents. En première partie, l’artiste international a ouvert avec sa création basée sur l’opéra Prima Donna. Après la pause, il nous a offert une interprétation orchestrale de ses plus grands succès. Un show hors du commun!

D’entrée de jeu, Rufus s’est amusé à avertir les spectateurs de la formule inhabituelle de cette soirée : « Si vous n’aimez pas l’opéra, ne partez pas, je vais revenir chanter après l’entracte, et si vous n’aimez pas les chansons pop, vous pourrez partir. » Personne n’a quitté la salle!

La première partie a été consacrée à une version condensée (60 minutes) de l’opéra qu’il a composé en français il y a 8 ans et qu’il présentait pour la première fois chez lui à Montréal. Accompagnés d’un orchestre d’une trentaine de musiciens dirigés par Jayce Ogren, les sopranos Lyne Fortin et Kathryn Guthrie ainsi que le ténor Antonio Figueroa ont interprété l’œuvre de Rufus.

Pour bien comprendre le contexte, un film était projeté en fond de scène, montrant l’angoisse d’une diva (Maria Callas) au fil du temps. Généralement, un opéra est une pièce de théâtre chantée; ce qui le rend plus accessible. Ce n’était pas le cas avec Prima Donna où la théâtralité était absente, malgré la projection.

Le clou de la soirée

Mais passons plutôt au clou de la soirée avec Rufus qui a interprété ses grands succès avec sa voix exceptionnelle et des arrangements musicaux qui se mariaient très bien à ses prestations. Un spectacle qui a évolué tout en harmonie, notamment avec Oh What a World, à la manière Boléro de Ravel. Bien sûr, il a aussi chanté quelques pièces, seul au piano. C’était tout autant délicieux!

Sa sœur Martha Wainwright s’est mise également de la partie. Elle a emboîté le pas à Rufus dans The Last Rose of Summer de l’opéra Martha, que leur mère Kate McGarrigle aimait. Un moment émouvant!

Au rappel, la famille était sur scène : au piano Rufus accompagnait Martha et ses cousins Lily et Sylvan Lanken qui ont chanté Hallelujah de Leonard Cohen. Sans contredit, la génétique musicale était au rendez-vous.

La prestance sur scène de Rufus Wainwright et son charme incontestable ont séduit les spectateurs qui l’ont chaudement applaudi. Un artiste créatif et de grande envergure!