Public de rêve au Corona lors du passage de Selah Sue le 14 septembre dernier. Pratiquement aucun téléphone intelligent n’est venu obstruer la vue, tous était dans le moment présent et s’abreuvait de la présence de cette artiste qui surprend et impose un talent singulier.

Originaire de la partie flamande de la Belgique, Selah Sue – Sanne Putseys de son vrai nom – sait imposer sa marque, choisir ses sons. Avec sa voix rauque qui accompagne des compositions éclatantes voltigeant et flirtant avec la soul, le blues, le jazz, le ska, le rap, le reggae et le drum’n’bass, elle s’amuse avec tous ces styles qu’elle réussit à pervertir en y ajoutant quelques touches d’électro. Ces dernières viennent finement assembler les mélodies pour créer des œuvres modernes et hautes en couleur où émergent une étrange unité. Il y en a pour tous les goûts!

Une voix claire-obscure

Influencée par des artistes tels que Lauren Hill, M.I.A. et Erykah Badu, cette ancienne étudiante en psychologie a su utiliser sa connaissance des émotions humaines à travers le chant. Mêlant habilement les cordes de sa guitare à sa voix grave et légèrement éraillée, puissante un moment et chaude ensuite, cette dernière est unique et livre des chansons qui sont à la fois pleines de vie et de blessures : des variations vocales périlleuses qui, pourtant, ne semblent jamais craindre la chute libre.

Une performance singulière de Selah Sue

Sa présence sur scène, ses paroles, ses mélodies parfois dures, parfois douces, résonnent en nous et éveillent des états d’âmes avec la ferveur d’une ensorceleuse. Vêtue d’une robe noire de style “années 60”, avec des talons hauts beiges et ses cheveux en chignon, le tout mettait en valeur ses yeux bleus azur. Elle dégageait une aura de glamour hollywoodien.

S’adressant à son public en français, Selah Sue s’est exprimée avec émotion : « Je t’aime Montréal, quelle énergie ici! »

Elle nous présenté des extraits de ses deux derniers albums (Selah Sue (2011) et Reason (2015)) accompagnée de son band coloré composé de cinq membres. Belle complicité entre les membres du groupe et elle-même. Sans enlever à la qualité du spectacle, on aurait dit que nous assistions à un jam improvisé à certains moments. Ils étaient contents d’être à Montréal et s’était palpable. Le public lui a bien remis la chandelle en tapotant littéralement des pieds afin de solliciter un rappel bien mérité de trois chansons : I love you Porgy (Nina Simone), Raggamuffin et Right Where I Want You.

Bref, Selah Sue est une artiste qui s’investit, autant sur le fond que sur la forme de son art qu’elle sait livrer d’une façon si personnelle qu’elle vous laissera subjugué.





Polly A assurait la première partie

Originaire de Milwaukee, Polly A –  de son vrai nom Meleni Smith – était un excellent match pour commencer la soirée. Jonglant entre le R&B, le reggae, l’alternatif et le hip hop, elle a su livrer une performance entraînante, juste et surtout créer un contact avec un public qui ne la connaissait pas. C’était une première pour elle sur la scène montréalaise, et elle était très contente de nous le partager en souhaitant revenir bientôt.

Polly A, avant de partir sa carrière solo, a écrit pour des artistes tels qu’Alicia Keys, Selena Gomez, Natasha Bedingfield, J.Cole. Elle a d’ailleurs signée ses EP sous 222 Records, dirigé par Adam Levine (Maroon 5). Ses textes sont intelligents, accrocheurs et surtout émouvants. He’s Just a Man, Ghetto Gold Dream et une reprise de Waiting In Vain de Bob Marley ont été les moments forts de sa prestation. À découvrir.