Il fallait être motivé (et courageux) pour sortir de la maison avec la température qu’il faisait et de se rendre jusqu’au Théâtre Corona ce vendredi soir ! Pourtant, les fans, tous plus originaux les uns des autres et autant excentriques que le cocktail musical du groupe principal The Devil Makes Three, ont été nombreux à s’entasser sur le parterre de la petite salle. 

Avant même la prestation convaincante du groupe en ouverture, Bucky Harris, la soirée a débuté de façon plutôt festive avec un mélange d’odeur de marijuana, de groupes d’amis sur le party dont les voix qui éclataient faisaient en sorte que nous savions qu’ils étaient là et qu’ils promettaient de faire de cette soirée, une soirée haute en couleur que personne dans l’auditoire n’oubliera de sitôt ! 

Les styles vestimentaires de l’auditoire se mélangeaient sans gêne dont plusieurs étaient accoutrés de pantalons à bretelles, chapeau melon ou de jupes vintages semblaient tout droit sorti d’une scène des années 30. D’autres, vêtus de salopettes, de chapeaux de cowboys et de foulard savamment noués en triangle au cou, se donnaient des airs de Red neck (ne manquait seulement que la tige de foin à la Lucky Luke leur sortant de la bouche et je me serais attendu de voir débarquer les frères Dalton). 

Donc, Bucky Harris, un groupe montréalais ayant fait sa place sur la scène musicale underground en participant à plusieurs éditions du festival Pouzza Fest entre autres, a ouvert le bal à cette soirée prometteuse. Ce qui a le plus retenu mon attention a été la gigantesque contrebasse et son propriétaire avec sa voix grave et assurée. Avec lui, les deux guitaristes se partageaient bien la scène et les parties vocales, réussissant à attirer les fans au parterre qui s’est rempli graduellement jusqu’à la fin de leur prestation. 

Il n’y a pas fallu trop de temps pour que les principaux intéressés de la soirée, The Devil Makes Three, se pointent sur la scène, devant tous leurs admirateurs bien entassés et prêts à se déchaîner. Dès les premières notes de banjo de Cooper, le parterre s’est mis à grouiller et l’apogée était à son comble avant même la fin de la première pièce ! Il faut se rappeler que ce n’était que la deuxième apparition du groupe à Montréal, dont la première a eu lieu il y a environ un an. C’était un concert mémorable qui avait brassé pas mal.  

Les initiés n’ont pas tardé à se joindre au groupe, en chantant en chœur avec les trois acolytes tout le long de leur performance. Les Californiens ne leur ont d’ailleurs pas donné de répit du début à la fin, leur musique énergique aux airs parfois country, parfois de rigodon les gardant bien captivés. Pour ma part, j’ai particulièrement aimé la présence de la violoniste et les changements fréquents d’instruments de Cooper et l’intérêt principal de ce concert aura été l’énergie endiablée qu’ont amené les fans tout au long de la soirée.