Dire que le spectacle de The Sheepdogs est un succès sur toute la ligne est un euphémisme et cela pour beaucoup de raisons.

La première est sans contredit que le public est au rendez-vous et en grand nombre. En rentrant dans la désormais mythique salle de la rue Notre-Dame, on remarque vite que l’endroit est très proche d’afficher complet et que l’électricité est dans l’air. Il faut avouer que le groupe canadien a le vent dans les voiles et sa popularité ne se dément pas.

Dès que les membres entament la soirée avec I’ve Got A Hole Where My Heart Should Be, le parterre s’enflamme et la fête commence. Ils commencent très fort, car cette chanson, qui est le premier single de leur dernier disque, bénéficie d’un grand temps d’antenne sur les radios au pays et notre CHUM 97.7 locale ne se prive pas de la passer très souvent.

Elle donne aussi le ton du concert, car le groupe est particulièrement fier de son dernier album Changing Colours qui est sorti il y a un mois, au point d’en jouer pas moins de 12 pièces. Que les fans de la première heure ne s’inquiètent pas, il y aura quatorze autres morceaux interprétés pour couvrir le reste de sa discographie !

Deuxièmement, du côté technique, c’est aussi une réussite. Sans être révolutionnaire, le décor est particulièrement agréable. Avec son fond vert à la texture de feuilles séchées et de gazon et le nom du groupe tout écrit en points lumineux, nous sommes dans l’ambiance d’un show de southern rock aux accents country.

Le jeu de lumière est assez impressionnant qu’il aurait pu être de la partie pour une tournée de petits arénas. Ce n’est pas peu dire. Mais ce qui est le plus plaisant pour l’auditoire, c’est que le son est excellent. Ce n’est vraiment pas à négliger pour un groupe où la partie instrumentale est aussi importante et où les musiciens sont tous singulièrement talentueux.





On entend très bien chaque instrument et les solos de ceux-ci autant que la voix du chanteur Ewan Currie qui est super bien balancée dans le mixte. Cela ne fait que rajouter à notre plaisir.

Mais que serait tout cela sans un bon spectacle ? Heureusement pour nous, le quintette saskatchewanais sait en donner un. Même s’il ne nous parle pas beaucoup, à l’exception d’une belle ode à Montréal après Who ?, il a une forte présence scénique.

Le guitariste Jimmy Bowskill est un « showman » né. Même quand il restera assis pour jouer du « pedal steel guitar », il reste un élément central de la scène. Sans compter que celui-ci joue du petit violon (Fiddle) dans I’m Just Wating for My Time.

Pendant I Ain’t Cool et Help Us All, le chanteur prend la place de son frère Shamus au clavier pendant que celui-ci va prendre les devants avec son trombone. La foule en redemande. Avec une Nobody à trois guitares et la populaire I Don’t Know pour finir, ça l’aurait déjà été une très grande réussite.

Les membres nous reviennent quand même avec un rappel tout en force. Celui-ci commence par Downtown et continue avec The Way It Is. Célèbre pour leurs reprises, ils finissent tout en beauté avec Ramblin’ Man de The Allman Brothers Band qui conclue une soirée presque parfaite.

Photo : Archives / Gabriel Talbot