Du 21 au 24 janvier, le Monument-National présente deux spectacles traitant chacun à sa façon de la féminité. Naïve explore le côté candide, alors que Juxtapose porte un regard provocateur.

La soirée commence avec Naïve, un spectacle de danse moderne dont le but est de raviver notre capacité d’émerveillement aux plaisirs simples de la vie. Cette volonté se traduit par l’absence de décors et un éclairage produit par deux jeux de Lite-Brite dénudés de leurs pièces colorées. Cette mise en scène minimaliste nous permet de diriger toute notre attention sur la magnifique performance scénique de l’artiste, qu’on sent en pleine possession de son art. Ainsi, le spectateur est à même de constater à quel point les mouvements épousent parfaitement la musique. Le fait que Gabrielle Bertrand-Lehouillier soit diplômée en piano classique en plus d’avoir étudié la danse n’y est certainement pas étranger.

Puis, nous passons à l’univers éclaté de Juxtapose. Cette œuvre, mélange de chanson, danse et burlesque, est une critique des attentes démesurées de la société envers la femme, de qui l’on exige une sensualité toute féminine, mais à qui l’on demande aussi  de dégager une assurance pourtant habituellement associée à l’homme.

Two Little Girls From Little Rock, tirée de la comédie musicale de 1953 Gentlemen Prefer Blondes semble avoir servi d’inspiration au spectacle. Cette chanson a été popularisée par Marilyn Monroe, icône incontestée de la féminité. Il s’agit donc à la fois de l’idéal à atteindre et du mythe à déboulonner. Outre la musique, les accessoires et chorégraphies ont aussi été judicieusement pensés à cette fin.  Les slogans féministes affichés sarcastiquement par l’une des danseuses pendant que l’autre donne une leçon de bienséance en sont un bon exemple. Cecilia Moisio et Katarzyna Sitarz gagnent aisément le pari de nous faire vivre toute la gamme des émotions causées par le profond désir des protagonistes de dénoncer les attentes de la société tout en essayant de les remplir.