Les échanges à la sortie du Théâtre du Nouveau Monde étaient plutôt mitigés à la suite de la représentation de  Pélleas et Mélisande ce vendredi 15 janvier. La mise en scène plutôt audacieuse de la pièce, qui se joue jusqu’au 6 février, ne laissera personne sans commentaires, c’est certain !

Mise en scène par Christian Lapointe, l’œuvre de Maurice Maeterlinck raconte l’histoire tragique, et assez classique, d’un amour impossible entre Pelléas, frère de Galaud, qui s’éprend de la femme de ce dernier, Mélisande. Les deux amoureux vont trainer leurs sentiments de culpabilité et d’émerveillement jusqu’à connaitre une fin tragique.

Puisque le triangle amoureux semble une trame assez classique dans le genre, ce qui rend la pièce vraiment originale, c’est le choix du metteur en scène de faire tenir l’histoire par des tableaux successifs, faisant intervenir divers supports. Ainsi, il se sert de prises vidéos en direct projetées sur un grand écran, de divers jeux d’ombres et des maquettes miniatures qui seront à la fois partie intégrante du décor et passée à la loupe de la camera pour représenter des lieux et des personnages sur grand écran. Cette cascade d’univers nous représente bien l’espace du récit, mais nous déstabilise un peu par l’enchaînement des styles.

Et, en plein milieu de notre récit lyrique arrangé à la sauce d’effets visuels, une scène tout à fait étrange se glisse, dans laquelle les comédiens sortent du récit en faisant une intervention comique en retrouvant leur parlé québécois. L’originalité ne manque donc pas à cette version de l’œuvre dramatique, mas elle nous ne fera malheureusement pas oublier que nous observons des passages parfois trop longs qui nous font décrocher.

Outre le risque de perdre la  magie du théâtre  en dénaturant celui-ci par une mise en scène focalisée sur la prise vidéo, l’œuvre aurait mérité d’être plus attrayante et moins brouillon pour le spectateur. Cependant, le jeu des acteurs était absolument remarquable. Dans les rôles phares, Éric Robidoux, Marc Béland et Sophie Desmarais nous on livre un jeu juste et passionné tout au long de la représentation.