Il est plutôt rare que des comédiens dans la vingtaine ont la chance de faire connaître leur vision du monde, sur les planches d’un théâtre. Cette chance leur a été offerte avec PLYWOOD et ils l’ont saisie avec fougue et tout leur cœur. Enthousiasme et vitalité sont au rendez-vous à Espace Libre où ce collectif tient l’affiche jusqu’au 30 avril.

Sans décor, avec seulement trois feuilles de plywood, 10 artistes – 5 femmes et 5 hommes – viennent présenter 50 séquences liées à leur existence. Ils abordent des sujets comme la famille, la vie de couple, le sexe, la séduction, leur carrière, la maladie, la vieillesse.

Ils parlent également des moyens utilisés pour tenter de se faire entendre : la manifestation, notamment celle du Printemps érable en 2012 et ses carrés rouges, l’itinérance ou le suicide.

Les textes sont savoureux, parfois drôles, parfois sombres, parfois tristes, de style coup de poing ou coup de marteau, mais tous visent juste et tapent dans le mille.

Mais pourquoi utiliser des plywoods? En réponse à cette question, Réal Bossé, le maître d’œuvre de ce collectif, a déclaré à un journaliste : « Nous n’avons pas investi une cenne  dans le décor, à l’image de la génération actuelle qui ne peut plus gaspiller ».

Certes, ces trois plywoods de 4’ x 8’ sont peu coûteux, mais ils sont très présents et ont un rôle important tout au long de la pièce, bien au-delà de l’accessoire. Ils positionnent, supportent, soutiennent, lancent et balancent les comédiens. Ceux-ci font des prouesses inimaginables avec ces feuilles d’aggloméré. Leurs mouvements se situent entre la danse, l’acrobatie et la gestuelle théâtrale. Une ingénieuse créativité avec si peu d’éléments!

Ce « show sur le rough » n’aurait pas eu autant de mordant sans l’éclairage de Mathieu Marcil et la musique de Ludovic Bonnier qui ont su jongler avec toute une gamme de paramètres et d’ambiances. L’ensemble est une réalisation accomplie!

Réal Bossé est l’un des codirecteurs artistiques d’OMNIBUS. Il est connu notamment pour ses rôles dans 19-2 et Galaxie ainsi que son vif intérêt pour l’improvisation.

« Dans un espace vide et libre, dix belles jeunesses prennent la parole », écrit-il.