En ce Mois de l’histoire des Noirs, la question raciale s’amène sur les planches du Théâtre Jean-Duceppe. Dans un texte très percutant de l’Américain David Mamet, RACE nous confronte à des opinions préconçues et embarrassantes face à la discrimination, tant raciale que sexiste. Une pièce où rien n’est blanc, rien n’est noir et où on laisse la part belle à la parole avec le jeu des confrontations entre avocats, entre hommes et femme, entre riches et petits, et… entre Noirs et Blancs. Une rixe verbale et intelligente où tous les coups sont permis!

Un homme d’affaires (Henri Chassé), blanc, fortuné et accusé d’avoir violé une femme noire dans une chambre d’hôtel, se présente à un Cabinet d’avocats afin de solliciter leur service pour sa défense. Les deux hommes de loi, un Noir (Frédéric Pierre) et un Blanc (Benoît Gouin), ainsi que leur assistante de race noire (Myriam De Verger), doivent décider s’ils représenteront ou non ce type.

Leurs discussions soulèvent de très délicates interrogations, jetant un regard brutal sur l’Amérique, ses conflits raciaux et leurs implications dans les rapports individuels et juridiques. Le débat n’est pas banal!

La mise en scène, signée Martine Beaulne, est réglée au quart de tour et reproduit une ambiance de « bureau d’avocats » très crédible. Dans un décor soigné où les mouvements et déplacements sont étudiés avec minutie, les acteurs donnent, du tac au tac, la réplique et des points de vue, avec une cadence ahurissante.

Le rythme vif des comédiens demande aux spectateurs une attention soutenue. Comme le souligne la metteure en scène : « Dans cette véritable course contre la montre, la parole est ici action et la joute verbale prend des allures de provocation, de séduction, de manipulation et de dénonciation ».

En lisant le résumé de la pièce, vous avez sans doute pensé à l’affaire DSK qui a eu lieu en 2011.  Détrompez-vous, RACE a été présentée à Broadway en 2009. De tous les temps, les déboires raciaux ou sexistes font partie de notre société.

Pensons aux bavures policières ou encore à la polémique qui sévit à Hollywood, au sujet de l’absence de Noirs parmi les nommés aux Oscars. Peu importe le domaine et quelle que soit notre position, il est difficile d’échapper à ces tensions.

RACE est présentée jusqu’au 26 mars. Une pièce à voir!