Dans Révolution à Laval, présentée au théâtre Espace Go, l’auteur Guillaume Lagarde voit rouge avec humour et tire à boulets rouges sur nos élus municipaux de façon caricaturale. On y passe une joyeuse soirée de remembering politique tout en rouge!

L’action se passe principalement à Laval, c’est-à-dire « Nulle Part » ou peut-être « Partout ». Roméo Urbain (Marc Béland) est le maire corrompu et insatisfait de Mascouche et sa femme Mercédès (Kathleen Fortin) le convaincra de comploter le meurtre du maire de Laval, le maire Veilleux, (Jacques L’Heureux) dans le but de se faire élire à sa place.

Et puis, les maires se suivent et se ressemblent… Peu importe qui est l’élu, les scandales arrivent, les jeux de pouvoir s’organisent et l’insatisfaction s’installe!

Tout au long de la pièce, on fait référence, de façon loufoque, aux déboires du maire Vaillancourt, aux enveloppes brunes qui circulent dans les coulisses du pouvoir, aux pourcentages attribués aux collaborateurs, aux paradis fiscaux, aux mafieux, etc. Peu de supercheries politiques sont passées sous silence.

Tous les comédiens de cette production jouent avec justesse, en donnant leurs répliques à un rythme déconcertant qui demande une attention continue de la part des spectateurs. Mais le jeu de Marc Béland remporte la palme. Que d’étourdissantes prouesses verbales et physiques, il accomplit!

La mise en scène, signée Sébastien Dodge, est étonnante et appuie efficacement les propos crus qui écorchent ceux qui ont le pouvoir. Tout est rouge et grotesque, les vêtements, les perruques, le décor et les accessoires à l’exception d’un élément, soit un des deux trônes qui s’opposent sur scène. L’un est le fauteuil rouge du maire de Laval et l’autre, une toilette grise.

Inspirée d’UBU ROI d’Alfred Jarry, l’auteur s’attaque, avec absurdité, provocation et humour gras, à la corruption au sens large mais aussi à notre absence de mémoire. « À l’impure comédie se jouant chaque jour dans les officines du pouvoir, j’ai donc répondu par une comédie pure », explique le dramaturge.

Si vous aimez les comédies décapantes et loufoques à la « Alfred Jarry », vous serez bien servi. Vous avez jusqu’au 16 avril pour assister à la production du Théâtre PÀP. Vous aurez une joyeuse soirée!