Téléréalités, documentaires télévisés faussés, talk-shows, émissions de radio et j’en passe… La pièce Televizione, présentée au Théâtre de Quat’Sous jusqu’au 28 avril, recrée toutes ses sphères médiatiques du dernier siècle. Un défi audacieux mis en scène et écrit par Sébastien Dodge pour dénoncer les vérités du monde actuel.

Televizione commence en pleine guerre mondiale où les Nazis obéissent naïvement à la destruction d’un peuple puisqu’une personne en a décidé ainsi et que les médias lui donnent raison. Heureusement qu’un Canadien sans gêne, interprété par Louis-Olivier Mauffette, les mène à mort et c’est sa vie qu’on suivra le restant de sa pièce. Sa montée en popularité, son innocence et sa vantardise seront utilisées pour camoufler les coups bas d’un gouvernement avare de pouvoir.

La pièce se moque de la réalité actuelle où les médias sont contrôlés par un système qui dirige l’information à sa guise pour se donner le beau rôle. Bref, c’est une satire de notre temps avec des clins d’œil à des faits réels pour se moquer de l’innocence du public et prouver que lorsqu’on s’attache à une figure publique, on lui donne toute notre confiance. Pourtant, quand on n’en aime pas une autre, on se plait à la détester et ignorer ses discours qui sont peut-être plus pertinents et véridiques.

Pousser le ridicule

Televizione possède une distribution forte et puissante, magnant le changement de costumes et de rôles à la perfection. Livrant le texte, les interprétations et les chansons de façon juste. Parce que oui, on pousse le ridicule jusqu’à la chansonnette et sérieusement c’est parfait ainsi puisque ça dépeint encore plus l’ironie de la société. Aidée par l’éclairage, le son et les personnages, la scénographie idéale et adaptable alterne les plateaux de tournage, les émissions de radio, l’Éthiopie et le désert.

Le seul bémol serait le scénario qui se veut tellement engagé et critique qu’il en devient un peu cacophonique et se dirige dans tous les sens. La pièce Televizione gagne à être vue et est un excellent divertissement teinté d’ironie pour un public averti.