Toujours criant d’actualité, 1984, le roman phare de George Orwell paru en 1949 prend vie sur les planches du Théâtre Denise-Pelletier du 9 novembre au 7 décembre. Maintenant présentée à Montréal, cette œuvre est une coproduction avec le Théâtre du Trident, où elle a d’abord pris l’affiche l’an dernier. 

Cette version, une adaptation des auteurs Robert Icke et Duncan Macmillan, a été traduite par Guillaume Corbeil et mise en scène par Édith Patenaude. Elle se déroule dans le futur. En introduction, les acteurs sortent sur scène pour donner leurs impressions de l’histoire. Un Winston Smith silencieux interprété par Maxim Gaudette assiste à la scène. Cette mise en contexte est brusquement interrompue, et nous sommes transportés directement dans l’univers de 1984.

On retrouve Winston au moment où il commence à écrire un journal afin de laisser une trace de la vérité. Il fait la connaissance de Julia (Claudiane Ruelland) dont il tombe amoureux. Ensemble, ils rêvent d’un soulèvement. Tous deux sont  fermement convaincus de l’existence d’une Fraternité de résistants dirigée clandestinement par O’Brien (Alexis Martin), leur seul espoir pour éviter de payer pour leurs crimes envers le parti.

Une distribution incroyable

Les comédiens donnent vie à leurs personnages de façon brillante. Maxim Gaudette personnifie Winston avec une grande intensité. On sent une chimie entre lui et Claudiane Ruelland, ce qui donne de la crédibilité au couple qu’ils interprètent. Alexis Martin, en parfaite maîtrise de son jeu, incarne un très charismatique O’Brien.  Véronique Côté, Jean-Michel Déry, Éliot Laprise, Justin Laramée et Réjean Vallée viennent compléter la distribution.

Édith Patenaude a admirablement réussi à recréer le climat de peur et de paranoïa, conséquence du régime totalitaire. Les décors ont été réduits au minimum. On alterne entre la noirceur et la lumière crue, parfois aveuglante. La musique vient accentuer l’angoisse provoquée par certaines scènes. Puis, tout est filmé dans un long plan séquence et projeté sur un écran, le Big Brother de notre époque.

À Québec, 1984 a obtenu un très bel accueil tant de la part du public que des critiques. Il y a fort à parier qu’il en sera de même à Montréal. Des supplémentaires ont d’ailleurs déjà été ajoutées jusqu’au 16 décembre.

Crédit photo : Stéphane Bourgeois