À l’affiche présentement au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, Aalaapi nous invite à regarder le Nord par une lorgnette bien particulière, soit celle du rapport que ses habitants entretiennent avec la radio.

Ce projet particulier, initié par la metteure en scène Laurence Dauphinais et la réalisatrice radio Marie-Laurence Rancourt, est né de la fascination des deux femmes pour le Nord ainsi que du désir de combiner radio et théâtre dans une même œuvre.

Aalaapi – Humilité

Dans le programme, Laurence Dauphinais affirme que « Les peuples du Nord répètent sans cesse l’importance de l’humilité. L’humilité d’écouter, d’attendre, de ne pas se mettre de l’avant et de laisser prévaloir le groupe sur l’individu. »

Aalaapi semble en effet avoir été bâti autour de cette affirmation, tant sur le fond que sur la forme.

L’écoute

D’abord, l’humilité d’écouter est à la base du projet.

AAlaapi est né des nombreuses rencontres entre Caroline Jutras Boisclair et les jeunes Inuites Audrey Alasuak, Samantha Leclerc, Mélodie Duplessis, Akinisie Novalinga et Louisa Naliuiyuk. C’est d’ailleurs leur voix qu’on entend tout au long du spectacle.

L’attente

Puis, l’attente est elle aussi bien intégrée dans la mise en scène. Le rythme de la pièce est plus lent que ce à quoi le public est généralement habitué.

Aussi, la scénographie traduit très bien le désir de ne pas se mettre en avant.

Une habitation typique occupe presque toute la place sur la scène surélevée.

Nancy Saunders et Hannah Tooktoo jouent d’ailleurs principalement à l’intérieur de cette maison, derrières les fenêtres.

Le groupe plutôt que l’individu

Ensuite, on a accordé de l’importance au fait de laisser prévaloir le groupe sur l’individu.

En effet, les extraits d’entrevues diffusés tout au long d’Aalaapi sont plus nombreux et plus importants que les interventions des deux comédiennes.

De plus, le verbatim est projeté sur le devant de la cabane, qui sert aussi d’écran aux projections.

Que signifie Aalaapi?

Enfin, Aalaapi signifie « faire silence pour entendre quelque chose de beau ».

Dans le silence de la salle Jean-Claude Germain, on assiste incontestablement à quelque chose de beau.

Aalaapi,  création du Collectif Aalaapi en collaboration avec Magnéto, est présentée jusqu’au 16 février au CTD’A.

Une balado traduite en français est également disponible sur l’application et le site d’ICI PREMIÈRE.

Dès le 16 février, la version originale du documentaire sonore (sans traduction) sera disponible dans la balado Les vivants de Magneto.

Crédit photos: Anne-Marie Baribeau

Rédaction: Nancie Boulay