Pour une quatrième fois depuis sa création, le TNM présente les Fourberies de Scapin. Cette nouvelle version, mise en scène par Carl Béchard, met en vedette André Robitaille dans les traits du fourbe valet. Ce dernier, que l’on connaît surtout grâce au petit écran renoue de façon magistrale avec la scène dans ce classique de Molière.

En l’absence des pères partis ensemble en voyage d’affaires, Octave s’est épris de la belle  Hyacinthe et a poussé l’audace jusqu’à l’épouser en secret.

De son côté, Léandre a été complètement envoûté par les charmes de Zerbinette, une gitane que l’on dit égyptienne. Coup de théâtre! Argante et Géronte reviennent de voyage plus tôt que prévu  avec pour dessein de choisir des épouses de bonne famille pour leurs fils respectifs.

Léandre investira donc son valet Scapin de la mission de s’assurer que ces mariages arrangés n’aient pas lieu.

Simon Beaulé-Bulman, Marie-Ève Beaulieu, Carol Bergeron, Benoît Brière, Patrice Coquereau, Lyndz Dantiste, David-Alexandre Després, Marcelle Hudon, Sébastien René, André Robitaille , Catherine Sénard et Tatiana Zinga Botao.

Deux ans de préparation

On dit qu’André Robitaille s’est préparé pendant deux ans pour être en mesure de chausser les souliers du légendaire valet. Ce temps, il l’a entre autres utilisé pour s’imprégner de toutes les subtilités du texte du dramaturge français qu’est Molière.

Le rendu est effectivement à la hauteur de ses efforts. Par exemple, la fameuse scène où Scapin, en changeant de voix et en imitant divers accents,  joue la comédie à Géronte, qu’il a caché dans un sac en lui faisant croire qu’une horde de gens enragés est à ses trousses.

Deux formidables acolytes

On ne saurait toutefois passer sous silence la performance de ses deux acolytes, Benoît Brière et Patrice Coquereau. Le premier, avec ses mimiques et sa perruque grise hirsute, fait rire le public dès son entrée sur scène. On dirait que le personnage de Géronte a été écrit pour lui.

Puis, le second est à la hauteur des rôles comiques pour lequel on l’a connu. Pensons par exemple au fameux Lewis dans l’émission Le Cœur a ses raisons.

Décor ingénieux et magnifiques costumes

En ce qui concerne la pièce elle-même, on apprécie le fait que le metteur en scène n’ait pas décidé de la moderniser à outrance. La sobriété du décor en est un bon exemple. Celui-ci est essentiellement composé de grandes toiles évoquant les voiles des bateaux. On s’en sert aussi de façon très ingénieuse pour faire des projections tout au long du spectacle.

En terminant, on se doit de mentionner les  magnifiques costumes de Marc Senécal. Le créateur a choisi de recréer les styles d’époque avec des tissus en jeans. Le résultat est époustouflant.  Et que dire des excentriques espadrilles de Scapin!

Un accueil chaleureux du public

La réception du public est si bonne – et pour cause! – que cinq supplémentaires ont déjà été ajoutées, projetant les représentations jusqu’au 17 février. Les fourberies de Scapin partira ensuite aux quatre coins de la province dès la fin février.

Crédit photo: Yves Renaud