Jusqu’où est-on prêt à aller pour que la vérité éclate? Mesure-t-on bien toutes les conséquences que cela peut avoir? Becoming Chelsea, la toute dernière création du Théâtre Les 2 Mondes présentement à l’affiche du théâtre Prospero, explore la vie (réelle et imaginée) de l’ex-militaire Chelsea Manning après ses révélations à Wikileaks.

Au cœur de la nuit, Chelsea Manning (Sébastien René) se tient dangereusement en équilibre à la fenêtre d’un hôtel du Vieux-Montréal.

Elle y rédige un dernier tweet où les mots I am sorry  accompagnent une photo de ses pieds au-dessus du vide.

En bas, Max (Stéphane Brulotte), l’agent de la GRC engagé pour la suivre, trouve son téléphone cellulaire dans la rue pendant sa séance de jogging nocturne, tandis qu’un motard (Mustapha Aramis) surgit dans l’hôtel pour confronter Chelsea.

Leurs trois chemins se croiseront dans l’ascenseur où se déroulera un huis clos enlevant.

La réalité rencontre la fiction

L’œuvre est composée de deux personnages réels, soit Chelsea et le photographe de l’agence de presse Reuters Namir Noor-Eldeen.

On part donc de leur réalité pour imaginer une histoire dont font partie l’agent de la GRC et sa femme Fiona (Marie-Pier Labrecque), qui eux sont fictifs.

L’interprétation magistrale de Sébastien René

Impressionné par la grande polyvalence de Sébastien René alors qu’il l’avait vu jouer dans La robe de Gulnara, Sébastien Harrisson lui a offert le rôle de Chelsea avant même d’avoir écrit son texte.

L’auteur a vu juste puisque celui qui a été récompensé pour son interprétation de Christopher dans Le bizarre incident du chien pendant la nuit se surpasse encore une fois.

Avec une aisance impressionnante, il saute d’un rôle à l’autre pendant Becoming Chelsea, jouant un enfant, un homme, un soldat, un prisonnier et une femme.  

Becoming Chelsea – Une distribution solide

Cela dit, il ne faudrait pas croire que le succès de la pièce repose entièrement sur les épaules de Sébastien René.

Le jeu de ses trois partenaires est également digne de mention.

Il est juste et réglé au quart de tour et cela se remarque dans une pièce avec un rythme aussi soutenu.

Une mise en scène qui tient en haleine

On décrit Becoming Chelsea comme un thriller existentiel.

La mise en scène d’Éric Jean y rend justice.

On y retrouve effectivement l’action soutenue propre au genre.

De plus, les transitions entre les scènes sont très rapides et impressionnantes.

Le décor a été pensé pour se transformer facilement.

De prison, il devient chambre d’hôtel, puis ascenseur.

Avec les divers panneaux, on réussit à créer une atmosphère oppressante, voire anxiogène.

L’intrigue est bien ficelée et donne hâte de connaître le dénouement.

Becoming Chelsea est présentée jusqu’au 14 mars sur la scène principale du théâtre Prospero.

Texte: Sébastien Harrisson

Mise en scène: Eric Jean

Avec:  Mustapha Aramis, Stéphane Brulotte, Marie-Pier Labrecque Sébastien René

Crédit photos: Yanick Macdonald

Texte: Nancie Boulay