« Jouissif » nous dit Claude Poissant, directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier, lorsqu’il a réalisé la mise en scène de la pièce Bonjour, là, bonjour. Des comédiens enthousiastes, et ça se ressent, un texte truculent et une mise en scène habile, voilà les meilleurs ingrédients pour que le spectateur soit ravi. Un splendide voyage dans le monde de Michel Tremblay.

 Serge et sa famille

De retour d’un voyage en Europe, Serge (Francis Ducharme) rend visite aux membres de sa famille.

Son père (Gilles Renaud), fermé sur lui-même à cause de sa surdité, vit avec ses deux tantes hypocondriaques (Diane Lavallée et Annette Garant).

Mais attention, Serge a aussi quatre sœurs et non les moindres…

L’aînée Lucienne (Sandrine Bisson) a « réussi » sa vie, par son mariage avec un médecin anglophone.

Monique (Mireille Brullemans) a le mal de vivre et se fait prescrire des antidépresseurs par son beau-frère médecin pour oublier sa détresse.

Denise (Geneviève Schmidt), une femme joviale mais boulimique et complexée par ses rondeurs.

Toutes les trois sont malheureuses dans leur mariage et jettent leur dévolu sur leur seul et unique frère, le beau p’tit dernier de la famille.

À ce trio féminin qui n’en a que pour le cadet, s’ajoute Nicole (Mylène Mackay) avec qui il a des relations amoureuses et qu’il aime profondément.

Difficulté à communiquer

La difficulté à communiquer constitue le fil conducteur de cette pièce. Les personnages parlent seuls, ou encore à 2 ou à trois en s’entrecoupant, comme s’ils ne s’entendaient pas les uns les autres.

Au départ, on est un peu désorienté mais au fur et à mesure que les 31 tableaux se déroulent, le spectateur entre dans le vif du sujet.

On est vite séduit par l’exceptionnel jeu des acteurs dirigés de main de maître.

Bonjour, là, bonjour démontre l’embarras de se dire les vraies choses, avec comme trame de fond l’humour sarcastique de Michel Tremblay.

Le père et son fils

Chez Michel Tremblay, la mère est souvent présente dans ses œuvres. Mais avec Bonjour, là, bonjour, le sujet touche plutôt le père et son fils.

Les barrières de communication que s’impose le paternel face à son fils, par sa surdité ou par sa culture, comme beaucoup de familles au Québec.

Mais le fils lui n’en reste pas là.

Il lui crie haut et fort qu’il l’aime. Un moment d’une intensité touchante!

Tout est ‘70

Les costumes, les coiffures, les meubles, le langage des personnages et leur tonalité, tout baigne dans les années 70.

Lorsque Serge et sa sœur Nicole assument leur amour au grand jour. Ils dansent, virevoltent sous un éclairage avec effet stroboscopique, sur « 25 or 6 to 4 » hit du groupe Chicago, populaire des années 70.

Un moment symbolique représentatif, avant que ne tombent les murs du décor, que ne tombent les barrières de l’inavouable.

Bonjour, là, bonjour – Une réussite!

La mise en scène de Bonjour, là, bonjour, signée Claude Poissant, est une réussite. L’accueil chaleureux du public, lors de la première, en est la preuve irréfutable.

La pièce est à l’affiche du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 5 décembre.

Crédit photos: Gunther Gumper

Texte: Micheline Rouette