La première pièce de la saison du Théâtre du Nouveau Monde (TNM) nous prouve encore une fois que cette maison n’a pas peur de présenter les classiques revisités. L’adaptation ingénieuse de Candide ou l’Optimisme signée Pierre Yves Lemieux en est la preuve.

Transposer le conte philosophique de Voltaire, en une œuvre théâtrale drôle, tout en reflétant l’esprit de cet auteur du siècle des Lumières sans tomber dans le mélodrame, n’est pas une mince affaire.

Que commence la répétition!

Coup de théâtre très habile de la part de Pierre Yves Lemieux que de nous présenter son Candide ou l’Optimisme en ayant recours à deux niveaux, celui de Voltaire et celui des personnages du conte.

Au lieu de jouer de façon classique le conte dans son intégralité, il nous invite à une séance de travail où Voltaire demande à son entourage de jouer les personnages de son œuvre.

Tous y mettent la main à la pâte avec entrain et bonne volonté. Ce qui amènera une révision du texte, des retranchements de passages ou encore des commentaires truculents plus ou moins pertinents. Comme une répétition au théâtre. C’est brillant!

L’auteur n’a pas cru bon de se coller au texte original, il propose plutôt, de façon insolite, sa vision de ce personnage emblématique du XVIIIe siècle.

Il nous le présente en créant un univers d’humour cynique où la pensée du philosophe, connu comme un satirique éternel, reste tout de même présente à tout instant.

Un casting survolté

La metteure en scène Alice Ronfard donne admirablement le ton au fastueux travail de Pierre Yves Lemieux. Les décors, les éclairages, la musique, les costumes, les accessoires et le maquillage, tout y est pour appuyer efficacement le jeu des acteurs.

Sur scène, c’est un feu roulant où cinq comédiens jouent à fond pour nous faire vivre de façon rocambolesque cette répétition de Candide ou l’Optimisme.

L’interprétation d’Emmanuel Schwartz se démarque par la fougue que le comédien utilise pour camper le délirant personnage de François-Marie Arouet, dit Voltaire.

Il est entouré de Benoît Drouin-Germain, avec son énergie débordante, dans le rôle de Candide. S’ajoutent Valérie Blais (Madame Denis et La servante), Larissa Corriveau (Cunégonde et Mlle Adrienne Paquette) et Patrice Coquereau (Pangloss et autres rôles). Tous offrent une performance remarquable.

À l’affiche jusqu’au 6 octobre

On rit, on sourit avec Candide ou l’Optimisme, mais il y a plus encore… on s’interroge sur le sens de nos valeurs. On passe une excellente soirée en compagnie de ce libre-penseur qu’est Voltaire.

La pièce est à l’affiche jusqu’au 6 octobre.

Crédit photos: Yves Renaud

Texte: Micheline Rouette