Carmen, le célébrissime opéra de Bizet mis en scène par le cinéaste Charles Binamé était si attendu qu’il est présenté à guichets fermés à la salle Wilfrid-Pelletier jusqu’au 13 mai. Mais cette toute dernière présentation de la saison 2018-2019 de l’Opéra de Montréal était-elle à la hauteur? Oui et non.

Bien que cette mouture de Carmen comporte plusieurs points positifs, elle renferme aussi certaines petites déceptions.

Charme, ravissement et séduction

D’un côté, les gens seront charmés par la distribution entièrement canadienne et la présence sur scène des Petits chanteurs du Mont-Royal.

Ils seront aussi ravis d’entendre les chansons connues telles Habanera et l’air du Toréador. 

Puis, ils en auront plein la vue avec les magnifiques costumes dessinés par Dominique Guindon, en particulier les flamboyants habits des quadrilles.

Ils seront également séduits par la performance impeccable de la soprano France Bellemare dans le rôle de Micaëla.

Quelques déceptions

D’un autre côté, Krista de Silva est certes une soprano de talent, mais elle n’est hélas pas crédible lorsqu’elle tente de jouer les séductrices.

Le passage où Don José doit tuer Carmen manque lui aussi de réalisme.

Puis, la mise en scène, qui avait pourtant fait beaucoup de bruit dans les médias, est des plus traditionnelles.

Venant du cinéaste à qui l’on doit Eldorado et Le coeur au poing, c’est un peu décevant.

Carmen et l’expérience à l’opéra

Fait amusant : chaque soir de spectacle, tout au fond du parterre, cinq spectateurs sont coiffés d’un casque avec des électrodes. Le but de l’exercice est de comprendre l’expérience vécue par la personne qui assiste à un opéra en direct. (Pour plus d’informations, voir l’article L’Opéra, toute une expérience dans Le Devoir.)

L’amour est un oiseau rebelle

Enfin, tous quitteront assurément la Place des Arts, le sourire aux lèvres en chantonnant « L’amour est un oiseau rebelle», mais les amateurs purs et durs de Carmen,  de l’Opéra de Montréal, resteront probablement sur leur faim.

Tous les billets pour Carmen se sont envolés.

On pourra toutefois voir les amours tumultueuses de la cigarière de Séville sur grand écran à l’automne puisque la production aura été filmée.

Crédit photos: Yves Renaud

Texte: Nancie Boulay