C’est à Edward Clug qu’on a fait appel pour monter Carmina Burana. Spectacle qui fait son retour aux Grands Ballets Canadiens de Montréal depuis 21 ans. Le chorégraphe d’origine roumaine a su insuffler une grand part de modernité à cette œuvre musicale créée en 1936 par Carl Orff et actuellement à l’affiche de la salle Wilfrid-Pelletier jusqu’au 19 octobre.

Stabat Mater met la table

Edward Clug n’en est pas à ses premières armes aux Grands Ballets.

Sa première collaboration avec la troupe montréalaise date de 2017, alors qu’il était venu présenter Stabat Mater.

C’est ce spectacle tiré de l’œuvre de l’italien Pergolesi qu’on a choisi de présenter à nouveau, en première partie de Carmina Burana.

 Un «catlwalk» où les ballerines défilent en talons hauts et une crucifixion à l’aide de «duct tape» font partie des éléments surprenants de ces 45 minutes où l’on s’immerge dans la douleur de la Vierge Marie.

Cette mise en scène très contemporaine est annonciatrice de ce qui nous attend pour la suite.

Carmina Burana majestueux et actuel

Carmina Burana, ou «Chants de Beuren» en français, est le nom donné à un recueil de poèmes découvert au début des années 1800 dans la ville de Beuren, en Allemagne.

Vingt-quatre de ces poèmes ont ensuite été mis en musique plus d’un siècle plus tard par Orff.

40 danseurs – 20 hommes et 20 femmes – évoluent sur scène.

Les chants et la musique émanent de 70 musiciens, 40 choristes et 3 solistes (la soprano Aline Kutan, le ténor Spencer Britten et le baryton Dominique Côté).

Tous sous la direction de l’énergique Dina Gilbert, formée par nul autre que le Maestro Kent Nagano.

La célèbre pièce O Fortuna, reprise dans nombres de films et publicités, sert à la fois d’introduction et de conclusion à ce magistral spectacle.

Costumes et chorégraphie

Les costumes ont été conçus par Léo Kulas.

Plutôt que de porter une tenue classique, les danseurs sont vêtus de tuniques rouges et noires et de collants.

Ceux-ci tomberont peu à peu pour faire place à des maillots ajustés couleur chair.

Pour la chorégraphie, le tourment en filigrane de Carmina Burana est reflété par des gestes saccadés qui semblent parfois empruntés à la danse moderne.

Puis, le printemps, l’espoir et l’amour, thèmes centraux de l’œuvre sont illustrés par des mouvements amples et gracieux.

Puisqu’il y a plusieurs figures au sol, il est préférable d’être assis en hauteur ou près de la scène pour ne rien manquer, sinon on a parfois du mal à voir ce qui se passe devant nous.

C’est là le seul bémol de cette soirée autrement merveilleuse.

Stabat Mater et Carmina Burana sont présentés jusqu’au 19 octobre à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

Crédit photos: Sasha Onyshchenko

Texte: Nancie Boulay