L‘opéra  La Cenerentola (Cendrillon) présentement à l’affiche à la salle Wilfrid-Pelletier (PDA) m’a complètement éblouie. Qu’on soit amateur ou non de ce genre de spectacle, on est royalement ravi par cette oeuvre de Rossini qui est facile d’accès, par les voix qui nous délectent et par la scénographie moderne qui nous en fait voir de toutes les couleurs. Une soirée extraordinaire où la théâtralité et la musique ne font qu’un.

La Cenerentola, un conte de Perrault vu autrement

Nous connaissons tous le conte de Charles Perrault, Cendrillon. Mais dans La Cenerentola quelques faits de l’histoire ont été modifiés, sans que l’ensemble du déroulement ne soit changé de fond en comble.

Par exemple, la pantoufle est remplacée par un bracelet afin d’éviter aux artistes de l’époque d’avoir à exhiber pieds et jambes aux yeux du public. Il faut se rappeler que cet opéra a été présenté pour la première fois au début du 19e siècle.

La fée est, quant à  elle, remplacée par Alidoro, philosophe et tuteur du Prince Don Ramiro, dont Angelina (Cendrillon) est éprise. Et la méchante belle-mère est substituée par Don Magnifico, père de Clorinda et Tisbe, et beau-père d’Angelina.

Ferreti, l’auteur du livret, y a également introduit des éléments de comédie: des situations comiques s’approchant du vaudeville, des supercheries, des inversions de rôle de prince et valet, etc.

Des voix extraordinaires

Sur scène, le Chœur de l’Opéra de Montréal composé de 24 choristes accompagne ponctuellement les sept solistes de ce joyeux drame, dont la mezzo-soprano québécoise Julie Boulianne, qui interprète à  merveille Angelina (Cendrillon).

Elle est entourée de deux barytons italiens, soit Pietro Spagnoli, dans le rôle du père loufoque Don Magnifico, et Vito Priante qui se glisse dans la peau de Dandini, le valet du prince. C’est le ténor Juan José De Leon, des États-Unis, qui interprète le prince Ramiro.

À ceux-ci s’ajoutent le basse Kirk Eichelberger (États-Unis) qui incarne le sage Alidoro et deux membres de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, la soprano Lauren Margison (Clorinda) et la mezzo-soprano Rose Naggar-Tremblay (Tisbe), les deux belles-sœurs de Cendrillon.

Une formidable scénographie conçue par une équipe espagnole

En plus de l’excellente performance des artistes, il faut également souligner la formidable scénographie signée par une équipe entièrement espagnole. Tout est réglé au quart de tour, l’impressionnante mise en scène de Joan Font, la chorégraphie empreinte de modernité de Xevi Dorca et les époustouflants costumes colorés et décors grandioses créés par Joan Guillen.

À ces éléments théâtraux se joignent la magie des ombres chinoises, la horde de souris qui ne se transforment pas pour conduire le carrosse de Cendrillon mais plutôt pour déplacer avec humour les éléments de décor. Tout est réussi!

L’Opéra de Montréal vous donne un joyeux rendez-vous

Si l’aventure d’un opéra vous tente, c’est sans contredit l’opéra La Cenerentola qu’il faut voir. Vous passerez une soirée magique sous le signe de l’humour et de l’imagination.  À couper le souffle!

La Cenerentola est à la Place des Arts les 14, 16 et 18 novembre prochains.

 

Crédit-photos: Yves Renaud