Jusqu’au 7 avril, Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent présentent leur première création dans le cadre de leur résidence à la salle Jean-Claude Germain. Fruit de quatre années de recherches, Chienne(s) s’intéresse, sans juger, à notre rapport à la peur et à la place que prend l’anxiété dans notre société de performance.

Une crise d’angoisse qui mobilise l’entourage

Le jour de son trentième anniversaire, une femme (Marie-Claude St-Laurent) s’enferme chez elle en proie à une crise de panique. Rapidement, tout son entourage se mobilise.

Son père (Richard Fréchette), impuissant, fait le voyage du Brésil et se pointe chez elle, armé d’une perceuse pour la sortir de force.

Sa mère (Louise Cardinal) est médecin et fait pression sur elle pour qu’elle accepte de se médicamenter.

Sa meilleure amie (Larissa Corriveau) se fait compatissante et lui fait part de ses propres peurs.

Le seul qui semble lui apporter un semblant de réconfort est son propriétaire (Alexandre Bergeron), lui-même atteint d’un cancer du rectum.

Son salut viendra finalement en la personne de l’artiste palestinienne Nidaa Badwan (Nathalie Doummar), s’étant elle-même enfermée pour créer et protester.

Scénographie et sonorisation donnent le ton

La scénographie créée par Caroline St-Laurent réussit à nous mettre dans l’état d’esprit du personnage principal, en images.

D’abord, il y a ces bouées de sauvetage accrochées au plafond, inaccessibles.

Puis, l’espace restreint où elle se réfugie est délimité par des rubans semblables à ceux utilisés sur les scènes de crimes.

À ceci vient s’ajouter l’environnement sonore sinistre composé de bruits, de craquements, nous donnant l’impression que le plafond va s’effondrer.

Une touche d’humour

Les personnages sont bien campés par de talentueux comédiens qui savent nous les rendre attachants.

Le père largué et le propriétaire qui insiste pour parler sans pudeur de son cancer du rectum apportent une touche d’humour intéressante et bienvenue.

La performance de Nathalie Doummar se distingue toutefois de celle de ces collègues lorsqu’elle livre avec intensité son monologue faisant état des grandes tueries.

Sans jugement

Enfin, la force de Chienne(s) est de présenter les troubles anxieux sans cynisme et sans jugement.

Si la pièce n’apporte pas de piste de solution à proprement parler, elle a toutefois le mérite de lever le voile sur le tabou qu’est la maladie mentale.

Jusqu’au 7 avril

Chienne(s), une création du Théâtre de l’Affamée, est présentée jusqu’au 31 mars au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Des supplémentaires ont été ajoutées jusqu’au 7 avril.

Crédit photos: Dominique LaChance