Après La nuit juste avant les forêts en 2013 et Richard III en 2015, Sébastien Ricard et Brigitte Haentjens unissent à nouveau leurs talents. Cette fois, ils ont choisi de monter une seconde œuvre du célèbre dramaturge français Bernard-Marie Koltès. Dans la solitude des champs de coton est un solide duel qui ne laissera assurément personne indifférent.

Une joute verbale

Les spectateurs de l’Usine C, répartis dans deux gradins disposés de chaque côté d’une allée sombre, assistent à la rencontre fortuite de deux hommes. Ce qui au départ semble être une conversation entre un dealer et un client potentiel se mue rapidement en une puissante joute verbale.

Le vendeur (Hugues Frenette) propose à l’inconnu qui vient de croiser son chemin de lui fournir ce qu’il faut pour combler ses désirs. Or,  celui qu’il espère être son acheteur (Sébastien Ricard) affirme n’en avoir aucun.

De ce refus naît le duel qui constitue la pièce. Pendant soixante-dix minutes, les deux hommes alternent les monologues dans une escalade de violence.

Une proximité avec le public

Si la mise en scène créé un effet de proximité avec le public, elle a malheureusement un effet pernicieux sur la compréhension des échanges entre les personnages. On peine à entendre certains passages. C’est dommage car les textes de Koltès étant déjà plutôt denses, il est facile de s’y perdre.

Le jeu irréprochable des deux comédiens

Le jeu des deux comédiens est toutefois irréprochable. Ceux-ci font preuve de toute l’intensité et de toute la fougue que demandent leurs rôles.

Par contre, était-il nécessaire de leur faire réciter leurs textes en courant à reculons ? Peut-être était-ce spécifié dans les didascalies, mais reste que c’est agaçant.

Dans la solitude des champs de coton est à l’affiche de l’Usine C jusqu’au 10 février. La pièce sera ensuite présentée au Centre national des arts à Ottawa du 21 au 24 février.

Crédit photo: Jean-François Hétu