Das Rheingold  met en scène Alberich, un nain difforme, qui dérobe l’or dans les eaux du Rhin pour s’en forger un anneau qui lui donnera le pouvoir du monde s’il renonce à l’amour. Wotan, le maître des dieux, le ravit à son tour pour payer le luxueux palais qui assoit sa suprématie. Dépouillé de l’anneau, le nain maudit ceux qui le porteront.

Déjà, cette histoire créée en 1854 par Richard Wagner a de quoi intriguer. Voici 5 motifs supplémentaires de voir cette production grandiose.

1- La mise en scène ingénieuse

Brian Staufenbiel a choisi de placer les musiciens au centre de la scène plutôt que dans la fosse qui loge les filles du Rhin et les Niebelungen.

Les dieux sont, quant à eux, installés sur une passerelle au‑dessus de l’orchestre et le reste des personnages prennent l’avant-scène.

À cette scénographie non conventionnelle s’ajoutent des projections vidéo créant ainsi une expérience immersive pour le spectateur.

2- Le traitement futuriste

Le spectacle débute par une projection sur une toile transparente placée devant l’orchestre. On y voit des engrenages de toutes tailles s’emboîter les uns aux autres.

Ceci installe le récit qui se déploie dans un monde où la science et la technologie sont omniprésentes.

Les dieux de l’histoire sont ainsi simultanément hommes et machines et les géants utilisent la projection sur un énorme écran pour communiquer avec eux.

3- L’opéra en soi

Malgré le fait qu’on ait choisi de situer l’action dans le futur, les projections ne volent absolument pas la vedette aux artistes.

Les musiciens de l’Orchestre métropolitain sont dirigés par Michael Christie. Puisqu’ils ne sont pas dissimulés comme à l’habitude, on peut d’autant plus profiter de leur performance.

La distribution est composée de talentueux interprètes. Parmi eux, on note 10 Canadiens dont Nathan Berg dans le rôle d’Alberich.

4- L’inspiration du Seigneur des anneaux

Ce monde de créatures mythiques où les dieux se mêlent aux nains et aux géants fut une source d’inspiration pour J. R. R. Tolkien lorsqu’il créa Le Seigneur des anneaux.

Par exemple, il est difficile de ne pas penser à Gollum lorsqu’Alberich, le nain difforme imaginé par Wagner, met la main sur  l’or du Rhin pour s’en façonner un anneau qui lui confère le pouvoir.

5- Les représentations limitées Das Rheingold

Das Rheingold est de retour à l’Opéra de Montréal pour la première fois en plus de 20 ans. Les occasions de voir cette œuvre magistrale sont cependant limitées, puisque seulement 4 représentations sont prévues.

La première ayant eu lieu le 10 novembre, il ne reste donc aux spectateurs que 3 chances d’assister à ce spectacle magistral.

L’Opéra de Montréal présente Das Rheingold, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts les 13, 15 et 17 novembre.

Crédit photos: Yves Renaud

Texte: Nancie Boulay