Déterrer les os, le roman à succès de Fanie Demeule vient d’être porté au théâtre par Gabrielle Lessard. La pièce est présentée à la salle Jean-Claude Germain, du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, et met en vedette Charlotte Aubin et Jérémie Francoeur.  Cette version transpose la poésie de son auteure à la scène de façon intéressante, mais aussi dense et décousue.

En entrevue, Charlotte Aubin nous a affirmé avoir eu un coup de foudre pour ce récit qui « parle de troubles alimentaires, mais on parle aussi d’amour, de peur de la mort, de troubles obsessifs, de vision du corps complètement déformée, de perception de soi

La pièce s’ouvre sur une crise d’angoisse de la narratrice. Un certain dégagement émane malheureusement de cette scène, livrée plutôt froidement par Charlotte Aubin. Puis, à mesure que s’installe dans son personnage, son jeu se fait plus convaincant.

Puis, alors que le roman met en scène une jeune femme en huis clos avec son corps, la metteure en scène a choisi de donner une voix à son copain, pourtant muet dans l’histoire.

Même si ses répliques sont limitées, Jérémie Francoeur arrive cependant à faire transparaître la relation trouble qui unit les deux personnages.

On se permet toutefois de douter de ce choix. N’aurait-il pas en effet été plus efficace pour illustrer la grande solitude qui caractérise la narratrice en la laissant seule sur scène?

Ensuite, le rendu semble malheureusement décousu. On saute d’une période à l’autre dans la vie de la jeune femme, ce qui  donne parfois du mal au spectateur  à se situer.

D’ailleurs, le soir de la première, les gens présents ont pris un moment à réaliser que la pièce était terminée une fois les lumières éteintes après la dernière scène.

Enfin, pourquoi irait-on voir Déterrez les os? Le mot de la fin revient à Charlotte Aubin : «C’est un show qui est très très dense et qui va ouvrir la discussion.»

Déterrer les os est présentée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 5 mai. Une supplémentaire a été ajoutée le 28 avril.

Crédit photo: Sylvie-Ann Paré

Texte: Nancie Boulay