Toute vérité est-elle vraiment bonne à dire? Le Théâtre Jean-Duceppe nous invite à le découvrir dans Disparu.e.s, alors qu’on fait la connaissance des Weston, un clan qui s’entredéchire dans un huis clos décapant.

Prises de bec et secrets de famille

Beverly Weston (Guy Mignault), poète autrefois célèbre, disparaît dans des circonstances étranges.

En apprenant la nouvelle, ses trois filles (Sophie Cadieux, Évelyne Rompré et Marie-Hélène Thibault) se précipitent à la maison familiale, où elles tombent sur leur mère Violet (Christiane Pasquier).

Celle-ci est atteinte d’un cancer et souffre d’une dépendance aux médicaments.

Ces retrouvailles seront le théâtre de confrontations acerbes et de révélations troublantes.

Équipe du tonnerre

La pièce est tirée du texte de Tract Letts,  August: Osage County, maintes fois primé au théâtre et adapté pour le cinéma en 2013.

Cette version québécoise est portée par une redoutable équipe.

Frédéric Blanchette, qui en signe la traduction, a su conserver l’esprit de l’œuvre originale.

L’adaptation et la mise en scène ont été confiées à René Richard Cyr, qui a mené le tout de main de maître.

Et que dire du magnifique décor conçu par Jean Bard!

On se croirait vraiment dans une maison.

Sur la scène, on a recréé des pièces, reparties sur deux étages.

De grands murs avec d’immenses fenêtres tapissées de papier journal trônent de chaque côté, installant l’ambiance oppressante dans laquelle évoluent les membres de la famille dysfonctionnelle qui l’occupent.

 Distribution enviable

Ceux qui ont vu le film se souviennent de la matriarche acariâtre brillamment interprétée par Meryl Streep.

C’était donc un défi de taille pour quiconque allait lui succéder.

Or, Christiane Pasquier livre ici une performance si remarquable que le rôle semble avoir été écrit pour elle.

Elle passe habilement de la mère de famille aigrie à la femme ravagée par l’abus de pilules, en adaptant naturellement son élocution, sa démarche et sa gestuelle.

Bien que Christiane Pasquier se démarque, tous les comédiens avec qui elle partage la scène offrent une prestation digne de mention.

On sent bien les rivalités entre les trois sœurs et Chantal Baril est tout simplement exquise dans les traits de la tante castrante.

Disparu.e.s – Humour, vivacité et intelligence

 C’est ce qu’on nous promet dans la description de la pièce et c’est effectivement les qualificatifs appropriés pour la décrire.

Les personnages sont vifs, l’escalade des tensions est orchestrée avec finesse et l’équilibre entre la comédie noire et le mélodrame est parfait.

Disparu.e.s est à l’affiche chez Duceppe jusqu’au 23 novembre

Distribution: Chantal Baril, Yves Bélanger, Sophie Cadieux, Alice Dorval, Hugo Dubé, Antoine Durand, Renaud Lacelle-Bourdon, Roger Léger, Guy Mignault, Christiane Pasquier, Kathia Rock, Évelyne Rompré, Marie-Hélène Thibault

Crédit photos: Caroline Laberge

Texte: Nancie Boulay