Fanny et Alexandre a connu plusieurs vies. D’abord un téléfilm, puis un film, ensuite un roman, l’œuvre phare d’Igmar Bergman a maintenant une version théâtrale que l’on doit au talentueux duo composé de Sophie Cadieux et Felix-Antoine Boutin. Cette pièce est présentement à l’affiche au Théâtre Denise-Pelletier.

L’histoire d’Alexandre

Alexandre, un garçon de 10 ans, vit heureux dans les coulisses du théâtre dirigé par ses parents, Oscar et Émilie.

Il coule des jours tranquilles en compagnie de tous les personnages colorés qui font partie de  sa famille. Puis, sa vie bascule au décès de son père.

Sa mère trouve du réconfort auprès d’un évêque austère qu’elle finit par épouser.

Elle s’installe ensuite avec ses enfants dans la maison de son époux. L’évêque s’avère être un véritable tyran et Alexandre se met à mentir pour fuir son quotidien douloureux.

Une solide distribution

D’emblée, mentionnons la performance sans failles de Gabriel Szabo, qui se glisse si aisément dans la peau du petit garçon, sans jamais faire sentir l’âge réel de son interprète.

Luc Bourgeois, Annette Garant et Ariel Ifergan donnent vie à des personnages délurés absolument savoureux.

Steve Laplante nous présente un père touchant, dont nul ne peut remettre en question la teneur de ses sentiments pour les siens.

Renaud Lacelle-Bourdon interprète à merveille Edvard, cet évêque que l’on se prend rapidement à détester.

Le seul bémol dans cette impressionnante brochette de comédiens est la prestation somme toute effacée de Rosalie Daoust dans les traits de Fanny.

Le cinéma au théâtre

Le film de trois heures a été condensé dans une pièce d’une heure quarante-cinq minutes.

Certaines intrigues secondaires ont donc été forcément sacrifiées lors de l’adaptation.

Cette nouvelle version écourtée de l’histoire de Bergman vit toutefois très bien par elle-même, l’essentiel ayant été conservé.

Puisque le film parle de théâtre, on peut supposer que cela a pu aider à le transposer sur les planches.

Une adaptation remarquable

N’empêche que les metteurs en scène ont fait un travail d’adaptation remarquable.

Ils ont su puiser dans la folie qui émane de la vision que Bergman avait du théâtre pour en imprégner leur pièce.

Pensons par exemple au fait d’avoir confié à Ariel Ifergan l’interprétation d’un personnage féminin.

Les décors sont sobres, mais utilisés de manière imaginative.

C’est là la beauté de la chose, puisque si Fanny et Alexandre prône quelque chose, c’est justement d’user d’imagination pour fuir la dureté du quotidien.

Fanny et Alexandre

Distribution : Luc Bourgeois, Rosalie Daoust, Annette Garant, Ariel Ifergan, Renaud Lacelle-Bourdon, Steve Laplante, Patricia Larivière, Ève Pressault et Gabriel Szabo

Traduction : Lucie Albertini et Carl Gustaf Bjurström

Mise en scène : Félix-Antoine Boutin et Sophie Cadieux

La pièce est présentée jusqu’au 23 février au Théâtre Denise-Pelletier.

Crédit photos : Gunther Gamper

Rédaction : Nancie Boulay