Du féminisme moderne en passant par le poésie de Gaston Miron, de la pornographie équitable du terroir québécois et de la gigue irlandaise. Voilà ce que nous offre le Théâtre PÀP avec la pièce Filles en liberté au Théâtre La Licorne.

Méli, la mi-vingtaine, a lâché le CEGEP afin de pouvoir coucher avec un de ses profs, Nick. Depuis quelques mois, ils se fréquentent. Elle rêve de devenir femme au foyer. Rêve qui n’est pas partagé par son amant, qui lui reproche son manque d’ambition.

Au lieu de faire comme tout le monde et se trouver un boulot, elle décide de créer un site de pornographie équitable qui, à  en croire la principale intéressée, va révolutionner le genre, réconcilier les québécois avec leur histoire mais surtout rendre la liberté aux femmes.

Les comédiens sont délicieusement flyés. C’est du pur bonheur de les voir évoluer à  travers le texte.

Nick qui refuse l’engagement et s’accroche à  sa jeunesse. Pascal en peine d’amour à la suite de  sa rupture avec une ontarienne repartie pour Toronto. Cynthia l’étudiante en droit qui, pour mieux performer lors de ses examens pratique l’«abortion doping», Chris en apparence parfaite dans son beau condo mais qui cache une grande douleur derrière son sourire, Alain le concierge narcotique anonyme un peu dépassé par les événements et Méli la manipulatrice pour qui la culture n’est que du divertissement.

La mise en scène de Patrice Dubois est redoutablement efficace. Sobre quand le propos l’exige et complètement disjonctée par moment.

Le travail remarquable d’Andréa Marsolais-Roy à  la conception sonore fait la transition entre les tableaux.

L’écriture de Catherine Léger est actuelle, sans complaisance ni tabou. Rafraichissant d’entendre des voix résolument féminines qui sortent des carcans habituels sans être désincarnées de leur identité.

Le Théâtre PÀP nous invite à entrer dans leur univers non pas comme des spectateurs mais comme des citoyens agissants. Avec Filles en liberté, c’est gagné. On rit, on réfléchit, on est secoué et on est ravi.

Avec Christian E. Roy, Hughes Frenette, Laetitia Isambert, Etienne Pilon, Clara Prévost Dubé et Catherine St-Laurent.

Filles en liberté, à ne pas manquer jusqu’au 2 décembre au Théâtre La Licorne. Deux supplémentaires se sont ajoutées  les samedis 11 et 18 novembre à  20h.

Crédit-photos: Bruno Guérin