C’est au Théâtre Outremont que Xavier Dolan présentait son tout nouveau film, Juste la fin du monde, dont la sortie en salle est prévue pour le 21 septembre et dans lequel figure entre autres Gaspard Ulliel, Léa Seydoux et Nathalie Baye qui ont foulé le tapis rouge, tout sourire, sous le regard de nombreux admirateurs. Inspirée par le titre, je leur ai demandé :

Qu’est-ce qui constituerait la fin de votre monde?

Nathalie Baye : Oh lala! C’est une question incroyablement difficile! Je ne sais pas. La fin de l’amour dans la vie.

ARP : Êtes-vous présentement amoureuse?

N.B. : Je suis toujours plus ou moins amoureuse. Je suis une amoureuse. (rire)

ARP : C’est un sentiment qui fait du bien, merci!

Gaspard Ulliel : Oh là… Il y a plein de choses. La fin de mon monde… C’est très compliqué comme question. Il me faudrait quelques heures de réflexion.

ARP : La première chose qui vous vient en tête?

G.U. : En lien avec mon personnage, je dirais d’avoir un espace de liberté, de recueillement, de silence. C’est vrai que c’est un personnage très silencieux et, pour moi, le silence renvoie aussi à l’introspection, à l’isolement. J’ai l’impression que jamais on a eu l’impression que le monde avançait aussi vite, et parfois cela peut être un peu violent.

J’ai souvent besoin de me retrouver face à moi-même. Les gens se croisent de plus en plus, mais c’est comme s’ils ne se rencontraient plus vraiment. La fin de mon monde serait la perte de l’autre, la perte de l’être humain. C’est vrai qu’on est dans une société où on est de plus en plus en surface. C’est peut-être plus confortable de s’accrocher à ce qu’on a en surface plutôt que d’aller se confronter à notre profondeur, à notre intimité.

ARP : Merci beaucoup!





Xavier Dolan : (Il réfléchit) Bien des choses ! D’un point de vue technique, ne plus pouvoir respirer, ça, ce serait désagréable. Mais ne plus pouvoir écrire d’histoire, ne plus pouvoir réaliser de film, ne plus pouvoir travailler avec des artistes qui m’inspirent et que j’admire. Ce serait, très, très, très décevant.

ARP : Pour nous aussi. Merci beaucoup!