Après Variations pour une déchéance annoncée, Macbeth et Last night I dreamed that somebody loved me, voici que la metteure en scène montréalaise d’origine allemande, Angela Konrad, récidive pour notre plus grand plaisir, avec son adaptation de l’essai scientifique Les robots font-ils l’amour? Un colloque théâtral sur le transhumanisme, présenté à l’Usine C.

C’est sur Space Oddity que s’ouvre ce premier colloque mondial sur le transhumanisme. Tour à tour, chaque participant se présente.

Des personnages hétéroclites

Une sexologue française amoureuse de ses sex toys, un philosophe allemand aux problèmes érectiles, une primatologue québécoise plus à l’aise avec des primates qu’avec ses contemporains, une médecin québécoise mariée à un robot et une artiste multidisciplinaire suédoise qui est son propre canevas.

Des opinions partagées

D’un côté du débat, il y a ceux qui célèbrent cette ère nouvelle et qui trouvent que les choses n’évoluent pas encore assez rapidement.

Il y a ceux qui craignent que nous perdions notre humanité en se robotisant, en devenant parfaits et il y a les indécis qui penchent d’un côté ou l’autre, selon leur degré d’éthique.

Redoutablement efficace

La mise en scène d’Angela Konrad est redoutablement efficace. Quand on croit aller dans une direction, elle nous amène ailleurs.

Elle laisse le soin au public de tirer ses conclusions. On sent une grande sensibilité et une intelligence vive chez cette femme.

Parions qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.

Une distribution exceptionnelle

La force de ce spectacle réside dans le jeu des acteurs que nous offre cette distribution exceptionnelle. Tous semblent complètement à l’aise dans cet univers clinique.

Stéphanie Cardi donne froid dans le dos en femme quasi robotique avec son sourire figé.

Marie-Laurence Moreau est hilarante en sexologue un brin nunuche, membre d’un groupe de recherche appelé SUSE.

Lise Roy, l’artiste affublé du nom de Kiki Vaginstrup, apporte les moments les plus ludiques.

Philippe Cousineau nous offre une performance incroyable, à la fois attachante et si humaine.

Dominique Quesnel est, quand à elle, le personnage le plus lucide de la bande, qui ramène le propos vers le vivant. Son discours est celui qui trouve écho chez le plus grand nombre de spectateurs.

Alors, Les robots font-ils l’amour ? Il vous faudra aller à l’Usine C pour le savoir!

Adaptation et mise en scène d’Angela Konrad

D’après l’essai de Laurent Alexandre, Jean-Michel Besnier

À l’affiche à l’Usine C, en partenariat avec Montréal en Lumière jusqu’au 10 mars.

Crédit photos : Maxime Robert-Lachaine