Après le succès de Chienne(s), Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent, poursuivent leur résidence à la salle Jean-Claude Germain avec Guérilla de l’ordinaire. À travers des fragments documentaires et fictifs, cette nouvelle création du Théâtre de l’affamée s’attaque aux manifestations visibles et invisibles des violences sexistes ordinaires.

La douceur de la voix de Mathilde Laurier

D’emblée le public est accueilli par la musique de Mathilde Laurier.

Perchée au-dessus de la scène,  elle interprète des succès connus pour leurs paroles sexistes.

La douceur de sa voix tranche avec la violence des propos des chansons comme «Candyshop» et «Sweat (A La La La La Long)».

Quelques-uns des acteurs sont déjà sur scène, silencieux. Derrière eux se trouvent deux grands miroirs et tout un amas de chandelles.

Guérilla de l’ordinaire – À la mémoire d’une militante féministe

Puis, on découvre que ce qui avait d’abord des allures de veillée funèbre est en fait une vigie à la mémoire de Claude, une militante féministe disparue depuis un an sans laisser de traces.

Cet événement organisé en son honneur rassemble toutes sortes d’individus, de sa colocataire, en passant par son ex, jusqu’à une femme émue par l’une de ses conférences.

C’est à travers leurs récits qu’on en apprendra plus sur la disparue.

Les fractures – Portion manifeste du spectacle

Cette histoire est entrecoupée de ce que les autrices appellent « les fractures » qui sont les chroniques de leurs colères, comme elles l’ont confié en entrevue à Rebecca Makonnen.

Ces fractures sont composées de propos et d’anecdotes, des exemples de sexisme ordinaire qu’elles ont recueillis au fil du temps.

Ces fragments viennent interrompre le récit pour créer la portion manifeste du spectacle.

Une distribution dans toute sa diversité

Tenant à aller au-delà des expériences vécues par les femmes blanches hétérosexuelles, les créatrices ont choisi les interprètes en fonction de qui ils et elles sont.

Donc, parmi l’excellente distribution, on retrouve entre autres  une femme en situation de handicap, une femme trans, une femme noire et des interprètes aux orientations sexuelles diverses.

Dans un contexte où l’intersectionnalité est à l’ordre du jour de l’agenda féministe, ce choix définitivement payant fera en sorte que beaucoup de femmes se reconnaîtront ainsi dans les personnages.

Message par l’humour

Enfin, Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent ont choisi de faire passer leurs messages à l’aide de l’humour.

Le meilleur exemple est sans doute le rap hilarant de Sarah Laurendeau qui, par la chanson, décrit le tabou entourant les menstruations.

Sa performance lui a d’ailleurs valu des applaudissements nourris.

Guérilla de l’ordinaire est à l’affiche du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 23 mars. Trois supplémentaires ont déjà été annoncées les 26, 27 et 28 mars.

Textes : Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent

Mise en scène : Marie-Ève Milot

Interprétation : Jonathan Caron, Maxime D.-Pomerleau, Maxime De Cotret, Myriam De Verger, Pascale Drevillon, Soleil Launière, Sarah Laurendeau, Marie-Claude St-Laurent

Musique sur scène : Mathilde Laurier

Crédit photos: Mikael Theimer

Rédaction: Nancie Boulay