Qu’est-ce qui motive les gens à s’impliquer dans les mouvements de contestation? Les vit-on de la même façon selon où l’on se trouve sur le globe? La réponse à ces questions se trouve dans Intersections, présentement à l’affiche à La Chapelle Scènes contemporaines.   

Échanges par Skype

La pièce ouvre sur des extraits de bulletins de nouvelles relatant les circonstances entourant les différents soulèvements.

Chronologiquement, on nous présente des images de la révolution verte (Téhéran 2009), de la révolution tunisienne (Tunis 2011), des Indigné.es (Barcelone 2011), et du  « printemps érable » (Montréal 2012).

Puisque Radio-Canada n’a pas traité du mouvement du tournesol (Taipei, 2014), on en entendra parler que plus tard.

Ensuite, les 5 interprètes, connectés par Skype, nous racontent à tour de rôle comment ils ont vécu ces révolutions de l’intérieur.

Montréal, Barcelone, Tunis, Téhéran, Taipei

C’est ainsi qu’on fait connaissance avec Jean-François Boisvenue (Montréal), David Teixido (Barcelone), Ons Trabelsi (Tunis), Rambod Vala (Téhéran) et Yu Yen-Fang (Taipei).

Chacun énonce les raisons qui les ont poussés à joindre ces mouvements citoyens.

À mesure qu’ils témoignent, on leur découvre des points communs.

Par exemple, le désir de faire bouger les forces en place, ou encore le besoin de faire partie du mouvement.

On note aussi le rôle qu’ont joué les médias sociaux dans chacune de ces révolutions.

D’ailleurs, pour l’illustrer, on fait défiler les publications de la page Facebook de chacun des artistes au moment des événements.

L’union fait la force

Sur scène, outre les deux écrans, se trouvent des boîtes d’objets significatifs appartenant à Jean‑François, David, Ons, Rambod et Yu.

Au gré des interventions des artistes, Mireille Camier relie ces choses pour former un mobile géant.

On demandera par la suite la collaboration du public pour le hisser dans les airs, une puissante métaphore pour illustrer que l’union fait la force.

Intersections tributaire de la technologie

Le succès d’une telle présentation est bien sûr tributaire du bon fonctionnement de la technologie, chacun se connectant en direct de son pays d’origine. (On insiste donc pour que les spectateurs éteignent leur téléphone avant le début du spectacle.)

Lorsque l’image gèle ou que l’un des participants oublie d’ouvrir son micro, on rattrape le tout avec humour et on continue.

Les mouvements sociaux dans le monde

En terminant, Intersections est un spectacle intéressant tant pour son propos que pour sa forme.

Si on est plus familier avec le printemps érable, il est fascinant de découvrir les autres mouvements et leurs similitudes avec le nôtre.

De plus, la mise en scène dynamique de Mireille Camier et Ricard Soler Mallol fait en sorte qu’en aucun moment on se lasse de regarder les écrans.

Intersections, une production de Quitte ou Double et de la Compagnie Obskéné, en collaboration avec le Festival GREC (Barcelone),  est présentée à La Chapelle Scènes contemporaines jusqu’au 13 avril.

 

Crédit photos: Michel et Michel

Texte: Nancie Boulay