Je ne te savais pas poète, avait écrit Gérald Godin à Pauline Julien dans une de leurs nombreuses lettres. Cette correspondance qui s’est étalée sur plus de 30 ans, a été le témoin de l’évolution d’un Québec sortant de la noirceur et en plein changement.  Mais surtout, cette correspondance fût la pierre angulaire d’une des plus belles histoires d’amour entre deux êtres plus grands que nature, qui se sont aimés jusqu’à la toute fin.

La magie fait son entrée

Le public entre et les comédiens sont déjà en scène. Sur l’ardoise qui sert de décor, ils écrivent des mots tirés de diverses lettres.

Un pianiste joue des pièces du répertoire de Pauline Julien.

On entend  également des extraits d’entrevues. Et puis, la magie fait son entrée.

Les mots des deux amants résonnent dans la petite salle intime et on comprend toute la profondeur de l’amour qui les a unit.

S’aimer

Si le ton des premiers écrits est un peu timide, reflet d’une société encore enfermée dans son carcan religieux.

Le temps mais surtout la passion dévorante qu’ils se vouent l’un pour l’autre remplacera la candeur par le feu ardent de leur amour.

Tantôt mots doux, parfois insultes. De Paris à Trois-Rivières, en passant par Montréal.

Dans l’absence comme dans la présence, toujours, on sent cette volonté de s’aimer malgré vents et marées.

Je ne te savais pas poète – Le jeu des deux comédiens

Rose-Anne Déry incarne avec beaucoup de finesse la fougue et l’audace de Pauline Julien. Son interprétation  de la chanson D’un soir, qu’elle s’approprie jusqu’à en faire sienne, est d’une beauté saisissante.

Laury Huard, quant à lui, plus nuancé n’en demeure pas moins un Godin rempli de contradictions et d’hésitation, avec un regard surprenant de tendresse.

Tableau Noir

Tableau Noir est une jeune compagnie théâtrale, fondée en 2015 qui se concentre sur la production d’œuvres contemporaines et francophones.

Avec Je ne te savais pas poète, ils ont créé un spectacle par envie de croire en l’amour.

Pari hautement relevé. Le spectateur sort ému jusqu’à l’âme de ce tourbillon passionnel.

Et peut-être que, parmi le public, certains oseront à nouveau croire qu’un amour aussi grandiose puisse encore exister.

Mise en scène: André-Luc Tessier

Texte adapté de la correspondance entre Pauline Julien et Gérald Godin

Piano: Yves Morin

Guitare: Étienne Thibeault

À l’affiche au studio de l’Espace Libre jusqu’au 22 décembre

Crédit photos: Sylvie-Ann Paré

Rédaction: Tan Bélanger